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Pauvre Mickey
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le 13 mars 2025
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Dans le sport américain, l'enchainement de deux saisons victorieuse pour une équipe porte un nom, on dit que cette équipe a réalisé un "back to back". Pour ce faire, l'équipe en question doit dans un premier temps réussir l'exploit de la constance dans l'excellence et dans un second temps peut-être plus compliqué, résister à la pression causée par les attentes du public et aussi celle des adversaires qui connaissent désormais vôtre jeu. Dans le cinéma, les attentes du public (et donc de la critique, qui de facto fait partie du public d'un film) deviennent le seul et unique adversaire d'un cinéaste qui souhaite le succès à son long-métrage. D'autant plus quand on s'appelle Bong Joon-Ho, et que vous souhaitez réaliser un "back-to-back" cinématographique à la suite de Parasite (2019), triomphe absolu et succès populaire immense.
Cela fait presque six ans que l'on attend le retour du cinéaste Sud-Coréens oscarisés à quatre reprise le soir de la cérémonie 2020 après avoir remporté en 2019 la palme d'or à Cannes. L'année 2025 marque donc le retour de Bong Joon-Ho au cinéma, et plus particulièrement au cinéma américain après la parenthèse enchanté Parasite. Le projet Mickey 17 tiré du roman Mickey7 d'Edward Ashton avait tout d'une continuité pour réalisateur de The Host : l'histoire d'Ashton allait permettre à Joon-Ho de continuer sa représentation maligne et accusatrice des inégalités sociales et du capitalisme. Le long métrage se veut presque être sur le papier le plus politique de l'auteur. Après avoir creusé les inégalités au sein de la société sud-coréenne il s'attaque désormais au capitalisme et à la mondialisation. Le couple de manias de la conquête spatiale incarné par Toni Colette et Mark Ruffalo encapsule parfaitement ce qu'est l'ennemi chez Joon-Ho. Son activisme infuse son cinéma, lui qui est un membre reconnu du Nouveau Parti Progressiste Coréen, et l'histoire de Mickey, homme "remplaçable" d'une colonie spatiale (son métier est donc de mourir à l'infini pour faire avancer la science) qui fait écho dans une société Coréenne fortement inégale ou la valeur du travail compte énormément sans que celui-ci ne soit forcément valoriser.
Cependant le film l'adaptation d'un récit science fictionnel permet à toute personne se retrouvant en face de l'œuvre de s'identifier et de se projeter dans le récit. Il en est ici peut-être alors l'un des défauts du film : une histoire légèrement impersonnelle. La précision de Parasite résidait certainement dans la connaissance extrême de l'auteur du décorum entourant son sujet. Cette précision et notre méconnaissance de se dit décorum nous impressionnait dans un premier temps avant que nous puissions transposé à notre réalité les évènements du récit. Il est vrai que dans Mickey 17, la présence d'un acteur aussi reconnu que Robert Pattinson pour camper le rôle titre nous propose un confort pas idéal pour prendre part 100% à l'expérience, pourtant le tempo comique de son duo/trio avec Naomi Ackie marche à merveille. Il en va de même pour l'exploitation de certains personnages secondaires comme celui campé par Anamaria Vartolomei, dont l'ambiguïté est trop peu exploitée dans un film qui pourtant de par sa brillante mise en scène arrive à alterner entre le thriller en huis clos angoissant et la comédie inter-galactique.
Alors à qui faut-il en vouloir pour l'échec de back-to-back "haut la main" de Bong Joon-Ho ? Peut-être que le logo Warner en ouverture est une piste pour répondre à cette question. Le retour à Hollywood s'est peut être accompagné de quelques sacrifices artistiques qui ne rendent pas hommage au potentiel politico satirique immense de l'histoire que nous propose Mickey 17. L'attente valait tout de même la chandelle, car l'artisanat est là en terme d'image et de VFX, mais Bong Joon-Ho est revenu peut être trop sage, ou assagi de force par une pression l'ayant empêché de réaliser l'impossible en nous offrant un deuxième chef d'œuvre de rang.
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le 5 mars 2025
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