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le 13 mars 2025
SuivrePauvre Mickey
Loin des sous-sols étouffants de Parasite et de sa soif de dignité, Mickey 17 nous plonge dans l'immensité glaciale de la science-fiction. Avec, pour interprète, Robert Pattinson dans le rôle de...
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Si j'aime Bong Joon-Ho, c'est pour son humour acerbe et cynique que je retrouve dans Parasite, ou alors pour son côté haletant et original du fabuleux Memories Of murder.
Je n'ai trouvé dans sa dernière réalisation qu'une pâle copie de tous les films pour ado que j'ai vu dans ma jeunesse, qui nous apprennent avec une plume aussi grosse que parfois bien nécessaire les rudiments de la morale et du vivre-ensemble.
J'avais beaucoup d'attentes par rapport au début du film. Respectant mon code de cinéphile, je n'ai ni vu ni entendu aucune bande-annonce ou quelconque promotion du dernier long-métrage du réalisateur Sud-coréen (aucun rapport j'ai juste eu la flemme).
Une succession de morts maladroites qui frisent parfois le meurtre au début du film m'ont donné l'espoir d'un long-métrage qui prendrait un point de vue assez cynique pour parler de la valeur de la vie et de l'espèce humaine. Ce n'est pas très fin, mais je me contente parfois de peu.
Puis, cette séquence narrative s'arrête et on parle de son passé tumultueux avec la mafia, duquel on apprend l'origine de son expédition. Cool. Un autre truc qui se passe qui indique que personne ne l'attend sur Terre , sauf pour le tuer. Et encore une fois, cette "intrigue" est balayé par un personnage féminin, Nasha.
Une personne qui agit comme une sauveuse pour lui , qui n'avait rien ni personne. Ils se sont très bien trouvés et marquent leur singularité par un amusant montage alterné.
Les questions se posent encore sur le sujet : peut-être va-t-on aborder la question du couple , et de comment gérer une "immortalité" au point de changer parfois de personnalité?
Mais non, toujours pas. Les scènes s'enchaînent et les choses se passent, sans que rien ne se construisent vraiment. Relation libre, traffic de drogue, ressenti de la mort...
C'est pour moi le défaut du film, et paradoxalement sa plus grande qualité. Des grilles de lecture avec tellement de potentiel qu'elles finissent toutes envolées par la légèreté de leurs poids.
On se fait presque chier. Voila je le dis.
Le problème avec cette composition scénaristique, c'est que des choses sortent de nulle part , comme la révolution finale qui n'a aucune origine cinématographique; ou au contraire ne sont pas assez abordés, comme la petite ficelle rouge tendu timidement tout au long du film sur la culpabilité lié à la mort de la mère. C'est dommage.
Le deuxième gros défaut du film, L'un va avec l'autre , c'est que le film était tellement "accompagnant" parfois, que j'avais l'impression qu'on m'indiquait le chemin avec des énormes flèches rouges lumineuses la direction entre ma bouche et mon gros tacos double viande bien gé-char en sauce que j'ai dans les mains. C'est bon laissez-moi tranquille, j'me casse le dos à l'usine tous les matins, je suis criblé de dettes je peux avoir 5 minutes pour moi??
Une grande scène d'introduction au début est accompagnée d'une voix-off, ou chaque seconde de cette dernière semblait avoir la même fonctionnalité qu'une Audio-description. AUCUN mot prononcé par cette dernière n'est indispensable , car tout est compris à l'image.
Pareil pour les dialogues, tout est expliqué pour que le spectateur comprenne. Ils seraient temps pour les gros bouffeurs de burgers de comprendre qu'on est pas aussi cons que des gars qui ont sincèrement voté pour Trump.
Les images ne manquent pas à ce problème, si bien que le monteur s'autorise quelques Flash-backs sur des scènes qu'on a déjà vu dans le film, en big 2k25 des flash-backs mais tu joues avec mes nerfs en fait ça va partir en couilles
Le problème de ce film est qu'il est trop lisse. Une timide scène de violence au début, mais qui laisse place ensuite à des scènes de meurtres constamment reportés par un élément extérieur (si je compte bien , il y a au moins trois fois ou la mort d'un personnage est reporté, que ce soit Mickey 17 ou Timo, son prétendu ami).
Je ne parle pas que de la violence: tout est lisse, les personnages sont soient très méchants, soit fourbes, soit vaillants et courageux. Aucune profondeur ou complexité n'est abordé, ce qui nous enlève toute capacité à nous attacher à eux. Personne n'est lisse dans la vraie vie.
Si je devais retenir des points positifs, ce serait pour souligner le jeu d'acteur de Robert Pattinson, touchant dans sa naïveté pour Mickey 17, et juste dans le changement de personnalité. Mention spéciale à la caricature de Trump, constamment filmé pour le divertissement,très bien joué par Mark ruffalo, qui nous offre une satire tout en grossièreté du personnage d'origine.
En conclusion, je me dis pour me rassurer que ce sont les américains, trouvant dans le mélange d'un réalisateur oscarisé à la caméra habile, avec un film au sujet "grand public" une recette en or. Cependant, il fallait que le film soit à leurs sauces et surtout qu'ils conviennent à tout le monde. Alors, ils ont mis la pression sur le réalisateur soit sur le scénario, soit sur le montage, que ce soit une idée originale de créateur de Parasite ou un film de commande.
Ce film est une enième preuve qu'on puisse déshumaniser un artiste et son âme pour le profit. Belle ironie quant au propos du film.
Mais je crois en toi, Bong Joon-Ho. Tu apprendras et tu reviendras plus fort! Allez!
Créée
le 13 mars 2025
Critique lue 17 fois
6
le 13 mars 2025
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