6
4 critiques
Pauvre Mickey
Loin des sous-sols étouffants de Parasite et de sa soif de dignité, Mickey 17 nous plonge dans l'immensité glaciale de la science-fiction. Avec, pour interprète, Robert Pattinson dans le rôle de...
le 13 mars 2025
Voir le film
Il y avait un espoir en entendant que Mickey 17 serait réalisé par Bong Joon-ho, le cinéaste acclamé derrière Parasite. Un réalisateur oscarisé, un concept de science-fiction intriguant, et Robert Pattinson en tête d'affiche... et pourtant, quelle déception.
Le film sombre rapidement dans les travers les plus classiques du cinéma américain, avec un méchant caricatural digne d’un mauvais comic book : Mark Ruffalo, qui incarne un archétype usé jusqu’à la corde , le tyran tout-puissant, bête comme ses pieds, sans aucune once de subtilité ou de complexité psychologique. C’est le "power without brain" typique de Hollywood. Ruffalo semble rejouer une version discount de Meryl Streep dans Don't Look Up, mais sans l'ironie ni la finesse. Résultat : un personnage creux, bruyant, et surtout totalement prévisible.
Du côté des protagonistes, c’est à peine mieux. Mickey 17 (et son double Mickey 18) aurait pu être un personnage fascinant, en proie à des crises existentielles liées à sa nature de clone sacrifiable. Mais non, le film effleure à peine cette dimension psychologique pourtant centrale. Pourquoi devient-il fou ? Pourquoi change-t-il du tout au tout d’une réincarnation à l’autre ? Mystère. Le film s'attarde sur tout... sauf l’essentiel.
La fameuse "boîte à souvenirs" censée contenir l'esprit du clone ? Mal expliquée, jamais explorée. Comment peut-il se souvenir de toutes ses morts s’il est censé redémarrer à zéro ? Incohérence totale. Et ses décisions ? Une suite d’actions stupides, signant tout ce qu'on lui met sous le nez, courant vers le danger comme un poulet sans tête. Difficile d’avoir de l’empathie pour un héros qui ne semble pas apprendre, ni évoluer.
Les personnages secondaires sont quant à eux aussi fades qu’inutiles. Leurs dialogues sont creux, leurs personnalités interchangeables. Aucune consistance, aucune saveur. Un vrai gâchis de casting.
Et puis, une fois de plus, le scénario recycle à l’infini le vieux trope du colonisateur envahisseur, du roi dictateur avec pouvoir absolu... On l’a vu mille fois, que ce soit dans Dune, Avatar, ou Elysium. À quoi bon réchauffer la même soupe si on n’a rien de neuf à y ajouter ?
Même Robert Pattinson, souvent acclamé pour ses choix de carrière audacieux ces dernières années (The Lighthouse, Good Time), retombe ici dans une performance bancale. Il semble bon uniquement quand il joue les paumés ou les idiots, et Mickey 17 ne fait que confirmer cette tendance. On pourrait presque faire une référence à Cosmopolis, où il errait déjà dans une limousine vide de sens — sauf qu’ici, il erre dans l’espace, et c’est tout aussi creux.
Et que dire de Bong Joon-ho ? Lui qui dénonçait avec brio les inégalités sociales dans Parasite se retrouve ici à livrer une œuvre aseptisée, prévisible, à mille lieues de son génie d’antan. Est-ce là le prix d’un gros chèque hollywoodien ?
En somme, Mickey 17 est une déception de bout en bout. Un film qui se veut intelligent, mais qui échoue à poser les bonnes questions. Une œuvre de science-fiction paresseuse, sans âme, sans souffle, qui ne fait que singer les grands noms du genre sans jamais en approcher la profondeur.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Films vus en 2025
Créée
le 19 avr. 2025
Critique lue 14 fois
6
4 critiques
Loin des sous-sols étouffants de Parasite et de sa soif de dignité, Mickey 17 nous plonge dans l'immensité glaciale de la science-fiction. Avec, pour interprète, Robert Pattinson dans le rôle de...
le 13 mars 2025
2
2917 critiques
Pitié. Stop. Je n'en peux plus. Ce que je demande n'est pourtant pas si extraordinaire que ça. Il fut même un temps où ce que j'ai toujours posé comme exigence de base était plutôt monnaie courante...
le 5 mars 2025
7
252 critiques
La relative déception qui accompagne la sortie de Mickey 17 n'a finalement rien de surprenant, au vu des attentes probablement démesurées suscitées par le projet depuis sa genèse. Multi récompensé,...
le 5 mars 2025
10
7 critiques
Peut être que je craque sous l’finfluence de l’alcool mais ce titre est le plus lourd que j’ai entendu de ma vie
le 5 janv. 2020
5
7 critiques
Comme pour son précedent film Chungking express, je n'arrive pas à adhérer au style de Wong Kar-wai. J'ai aimé les musiques choisies, j'ai aimé le jeu des différents acteurs , j'ai aimé l'ambiance...
le 5 févr. 2018
10
7 critiques
J'ai choisi de faire part de mon ressenti pour chaque morceaux présents dans cet album Comfort: : L'un de mes morceaux préférés de cet album. On y retrouve un mélange de sonorité funk, groove, chill...
le 3 nov. 2015
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème