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Pauvre Mickey
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Avec Mickey 17, Bong Joon-ho continue de creuser son sillon unique dans le paysage du cinéma de science-fiction : une comédie dystopique à l’humour noir, portée par un univers visuel riche et une critique sociale bien sentie. Ce n’est pas un "space opera" au sens traditionnel, mais une fable grinçante et inventive, où les clones meurent en série au service d’un système absurde et où la satire prend souvent le pas sur l’émotion!
Le film suit Mickey Barnes, un « expendable » (un ouvrier remplaçable à volonté, car cloné à chaque mort) envoyé dans des missions mortelles. Mais quand Mickey 17 survit à une mission, puis revient… et découvre que Mickey 18 a été activé, le système déraille. Le ton est à la fois absurde et grinçant, avec un humour parfois très visuel (type slapstick, c’est-à-dire basé sur les gags physiques et les situations exagérées).
Au cœur du dispositif, Robert Pattinson est impeccable. Il joue deux versions du même homme avec une précision délicieuse : l’un plus usé, l’autre encore plein d’espoir. Il passe du comique de situation au malaise existentiel avec une aisance rare. On retrouve chez lui le goût du risque et de la transformation qui marquent d'ailleurs ses choix depuis plusieurs années!
Visuellement, le film impressionne. Bong Joon-ho déploie un univers cohérent, fouillé, où chaque costume, chaque interface, chaque décor participe au récit. Le mélange d’esthétique rétrofuturiste et d’ambiance post-industrielle donne à l’ensemble un charme étrange, entre jeu vidéo vintage et propagande spatiale. C’est inventif, parfois kitsch, toujours maîtrisé.
Mais Mickey 17 ne se contente pas de briller visuellement. Il dresse une critique mordante de notre société de travail : un monde où les travailleurs sont jetables, et où la hiérarchie devient grotesque. Le personnage du Marshall (Mark Ruffalo), par exemple, incarne un pouvoir corrompu et infantile. Cette satire est efficace, même si parfois un peu appuyée : certains dirigeants paraissent trop caricaturaux pour vraiment déranger finalement...
Là où le film convainc moins, c’est dans sa structure narrative. À force d’ouvrir des pistes tel que la survie, la conscience, la rébellion, le clonage, le deuil, sans toujours les explorer à fond, le récit donne une impression de fragmentation. Quelques longueurs se font sentir, et la grande question de la mort (et du rapport au trépas, pourtant centrale) reste en surface. On rit, on réfléchit, mais l’émotion reste véritablement en suspens.
Au final, Mickey 17 est un film audacieux, drôle, visuellement riche, et porté par une performance centrale remarquable. Il divertit, il dénonce, mais il laisse aussi une impression étrange : celle d’un film qui aurait pu aller plus loin encore. Une satire solide, à voir autant pour ce qu’elle ose que pour ce qu’elle esquive.
Créée
le 21 déc. 2025
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