Des scènes poignantes et de très belles musiques

J’ai lu quelques critiques juste après pour savoir si c’était moi qui allais trop loin dans l’analyse ou si ce film abordait une critique bien plus globale que ce qu’on pourrait penser.

Le début : on suit un jeune Américain qui se croit un peu au-dessus de tout, qui n’a pas vraiment conscience de la gravité de ses actes et qui semble être le genre de personne à penser qu’il pourra toujours s’en sortir. Il prend un risque en sachant que ce qu’il fait est illégal, mais sans réellement mesurer les conséquences possibles de son action.

Et je trouve que ce personnage rend sa descente aux enfers d’autant plus marquante. Là où on aurait pu penser au début : « Tant mieux, ce qu’il vit va enfin lui servir de leçon », on arrive très rapidement à un point où l’on se dit : personne ne mérite ça.

Et c’est là où je veux en venir.

La première fois que j’ai senti cette réflexion derrière le film, c’est au moment du monologue de Billy (durant son deuxième procès). Il a commis une faute, c’est indéniable. Mais selon les sociétés et les époques, cette même faute peut être considérée comme rien, comme un délit ou même comme un crime très grave. Lui est simplement tombé sur une époque et une société dans laquelle ce qu’il a fait est considéré comme un crime extrêmement grave.

À la base, la punition est donc censée être proportionnée à sa faute. Mais elle ne l’est plus lorsqu’il devient un exemple. Sa peine ne sert alors plus seulement à le punir pour ce qu’il a fait, mais aussi à dissuader les autres.

Et c’est là que le film pose une question que je trouve vraiment intéressante : qui décide de ce qui mérite d’être puni, et jusqu’où peut-on aller dans la punition ?

Pour reprendre l’idée évoquée dans le film, si une société décide que voler une bougie mérite la prison, alors voler une bougie devient effectivement un acte punissable. Mais le fait qu’une société ait décidé qu’une chose était interdite ne signifie pas forcément que cette règle est moralement juste. Les règles sont créées par les hommes, et elles évoluent selon les époques, les sociétés et leurs mœurs.

La deuxième fois où cette idée refait vraiment surface, c’est à l’asile, avec le philosophe. Il parle notamment des produits défectueux de l’usine, déterminés comme tels par les employés de l’usine eux-mêmes. J’ai l’impression que cette scène reprend exactement cette réflexion : nous créons les règles, nous déterminons ce qui est normal ou anormal, acceptable ou inacceptable, et ensuite nous vivons avec ces règles comme si c’était les vérités absolues.

Et c’est là que l’hypocrisie du système devient flagrante : les gardiens sont censés représenter la loi, faire respecter les règles et punir ceux qui les transgressent. Pourtant, ils peuvent eux-mêmes humilier ou même abuser des prisonniers sans être punis.

L’homme crée ses propres règles et peut, à travers elles, déterminer (et détruire) la vie d’un autre homme.

Et je trouve que c’est finalement beaucoup plus large qu’une simple critique de la prison ou même de la justice turque : c’est une réflexion sur le pouvoir, sur la justice et sur la manière dont les hommes construisent des systèmes, quelque soit le lieu où l’époque.

J’ai quand même une ou deux critiques sur la manière dont le film représente la Turquie. La vision qui en est donnée, que ce soit à travers les dialogues, certaines phrases prononcées ou les comportements montrés, est extrêmement négative. Il y a aussi, de mon point de vu, peut-être une forme de minimisation du délit commis par Billy. Bien sûr, cela n’enlève rien au caractère complètement disproportionné de ce qu’il va subir. Mais on ne sait finalement pas vraiment pourquoi il a fait ce qu’il a fait : est-ce qu’il voulait gagner de l’argent ? Est-ce qu’il le faisait pour ses amis ? Est-ce qu’il pensait simplement que ce n’était pas si grave et qu’il pourrait s’en sortir ?

thalianrd
7
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il y a 3 jours

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Thalia

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