Un regard actuel sur l’hypersexualisation des préados.

Entre traditions, remous de la puberté et impatiences du corps se dérobe l’enfance. Un regard actuel sur l’hypersexualisation des préados. Maïmouna Doucouré avec son film souligne l’hypersexualisation des adolescentes au temps des réseaux sociaux, interrogeant par conséquent les modalités contemporaines de construction de la féminité. Si les Lolitas ont toujours existé, on ne les rencontrait pas en masse à la sortie des collèges ou sur les réseaux sociaux. « C’est important de s’interroger sur les outils qu’on donne à nos petites filles pour se construire » dit-elle. Elle a fait un vrai travail de documentation où elle a rencontré une centaine de petites filles dans la rue, dans des écoles, et qui ont raconté leurs récits. Elle a été souvent surprise, parfois choquée par ce qu’on lui a raconté.

Ce temps de l’adolescence est considéré par certains comme étant de plus en plus précoce, le phénomène paraît inquiétant dans la mesure où il donne à voir des jeunes aux corps encore infantiles, parés pour des opérations de séduction, mais dont le psychisme ne peut pas intégrer les conséquences. Nombre de ces figures féminines issues de la chanson qu’affectionnent les filles au collège, leur proposent un modèle de féminité axé sur l’apparence et une apparence hypersexualisée autant de modèles sur lesquels les jeunes vont se projeter, se dédoubler en idéalisant leur moi en formation. "Ça implique une nouvelle forme de construction de l’estime de soi, très fragile, fondée sur du virtuel, un nombre de likes ou de followers" . dit encore Maïmouna Doucouré qui pose toutes ces questions sur la construction de soi ’acceptation de soi rendue encore plus difficile quand il s’agit d’obéir à des contraintes , à des traditions familiales. Dénoncer les processus qui mènent à cette hypersexualisation chez ces gamines , c’est vraiment le message que M.Doucouré veut faire passer dans son film. Elles sont à une période charnière , moment de bascule dans leur construction , dans une soif d’émancipation alors qu’elles n’en ont pas la maturité, encore trop jeunes, encore des enfants , ne percevant pas comment ce corps qui s’expose peut se faire « objet de l’autre ». J’en vois aussi beaucoup dans le cadre professionnel, avec toutes les conduites à risque qui vont avec.

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le 23 juil. 2024

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