Milestones est un long-métrage hybride poussant le documentaire et la fiction dans leurs extrêmes limites. Bien que certains passages romancés soient identifiables, il est bien difficile de démêler le vrai du faux tout au long du récit.
Robert Kramer s’intéresse ici à la contre-culture américaine et ses derniers représentants. Qu'est devenue cette jeunesse pacifiste en quête d'amour, de liberté et de justice ?
Les protagonistes sont des trentenaires qui maintiennent le discours de leurs jeunes années et décident, qui plus est, de le mettre en application en se constituant en micro-société. Il est ici question de famille, celle que l'on crée, celle que l'on choisit, celle que l'on retrouve...
Le film est un gros morceau, plus de trois heures, et on peut facilement imaginer qu'il puisse être la pierre angulaire de plus d'un cinéphile tournés vers le documentaire. Dans cette épopée, où la dizaine de personnages évoluent dans l'espace, la parole et l'histoire (une partie non-négligeable du film parle du génocide Indien et la guerre du Viêtnam), on touche au beau, à l'amour, à l'universel et à l'intime. En témoigne l’impressionnante scène finale. On regrettera d'ailleurs quelques scènes de violence, volontairement scénarisées, qui dénotent avec le reste; le film est profondément tourné vers la tendresse et la compréhension de l'autre.
Je vous laisse découvrir ce film, à mon avis majeur, qui mérite une plus large attention.
Il reste exigeant. J'espère que des personnes plus érudites que je ne le suis sauront l'apprécier davantage. En attendant le film pourra faire son travail sur moi, je l'espère.