La dénonciation d'un capitalisme qui agit contre les intérêts humains les plus essentiels, ce capitalisme qui motive les guerres pour exploiter de nouveaux marchés et qui truque les défaites pour mieux en tirer profit, est une critique de l'ordre qui demande de s'y connaître un tantinet en orfèvrerie politique.


On ne le dira jamais assez : ce n'est pas parce que le capitalisme est en crise que les profits cessent d'accroître. Au contraire, il est un système qui, de nature, est capable de détruire ses moyens de production pour amasser davantage de profits.


Oh la dénonciation du capitalisme n'est pas le but de ce film.


Il dénonce des comportements.
Ce capitalisme dit sauvage, comme s'il se distinguait du capitalisme moral, arrangeable, est tout à fait le propos du film. Mieux ! A plusieurs endroits du film, le "héros" parlent des "français" ou des intérêts de la France.
Alors vois-tu cette dénonciation-là, dans l'oeillère d'un journal provincial digne de Pernaut, je m'en passe allègrement.
Dans ce final, je perçois surtout que Verneuil veut nous emmener vers ce qu'il y a de plus essentiel pour triompher de ce mal : le terroir, les campagnes et la France... Une manière de dire que le capitalisme, c'était mieux avant, quand il était paternaliste.


Le film m'a profondément gêné pour ces deux raisons : pour son paradigme patriote et sa dénonciation grossière d'un comportement du capitalisme (ouh la méchante firme). L'utilisation d'IBM est tout à fait vrai mais... Dénoncer la pratique en montrant le monstre nazi. Cela s'appelle un beau point Godwin qui ne fait rien avancer du tout et qui, pire !, trompe son monde en détournant la perspective de lutte.


D'ailleurs il n'y a pas que la dénonciation qui soit grossière puisque nombre de répliques du "héros national" se veulent percutantes comme s'il s'agissait en permanence d'une bande-annonce.


Que cela soit dit, le capitalisme sauvage est une invention des réformistes. Verneuil nous a habitué à plusieurs reprises à cette vision des choses : il suffit de se mater son "Président" pour s'apercevoir qu'il sait mener la gouaille pour mieux éventer les discours.


Le film est toutefois intéressant pour la discussion, pour l'illustration des différences politiques entre un front socialiste, un front révolutionnaire et un front patriote.

Andy-Capet
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le 12 oct. 2013

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Andy Capet

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