Quand un réalisateur ou un scénariste décide d’adapter un livre à l’écran, c’est parce qu’il a provoqué quelque chose en lui et qu’il y a entrevu un potentiel cinématographique. Kubrick, qui estimait qu’il y avait tellement de bons livres à adapter qu’il était inutile d’écrire un scénario original, passait ses journées à lire, dans l’attente de trouver le support de son prochain film. L’intérêt d’adapter un livre au cinéma est en effet d’y trouver un matériau, une inspiration, une trame, que l’on s’approprie ensuite pour créer sa propre histoire. Lorsqu’il a décidé de porter "The Shining" à l’écran, il a disséqué, tronqué, coupé, modifié, voire amélioré l’histoire, transformant ainsi un roman, certes célèbre, mais plutôt mal écrit, en un chef d’œuvre du cinéma.

Or, adapter un livre qui s’est vendu à des millions d’exemplaires s’inscrit dans une logique d’exploitation financière qui fait abstraction de l’éventuelle cinégénie de l’histoire, faisant du film en question une sorte de service après vente du roman, sans indépendance ni existence propre.

"Millenium" en est un bon exemple. Un générique à la James Bond, qui cherche à se donner des airs, mais qui est finalement lourd, surchargé et trop long. Daniel Craig, plus bankable que jamais, nous est imposé. L’histoire se tire en longueur (2h38…), on y comprend pas grand-chose, et à compter le nombre de fois où l’on voit le logo d’Apple, on en vient à se demander si ce n’est pas eux qui ont produit le film. David Fincher, quant à lui, fait son boulot. Il ne cherche pas à s’approprier l’histoire, il filme, il dirige, comme un honnête exécutant qui rempli son cahier des charges composé dans le désordre et sans préférences de sodomie, fellation, godemichet, viol, pédophilie, torture…

Osons espérer que Fincher ne rempilera pas pour les deux films suivants et qu’il utilisera son temps à faire ses films à lui et pour lui. Quoique… Il paraît qu’il va réaliser "20.000 lieux sous les mers" pour Disney…
AlexLeFieutard
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le 21 févr. 2013

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