Une petite balade bucolique qui ne va rien avoir de paisible... parce que c'est Louis Malle qui est derrière la caméra et qu'avec on sent qu'il va y avoir quelques petits coups de canif par-ci par-là, et les coups de canif c'est qu'il y a un Mai 68 lointain... enfin peut-être pas si lointain que cela, et surtout il y a un décès et qui donc dit décès dit héritage dit façade de respectabilité qui va souvent en prendre un petit coup... de canif... (pas mal la farandole autour du corps de la défunte en chantant "La Fille du bédouin" !!!)...
Lors des deux premiers tiers, Louis Malle trouve un bon équilibre, visant à ne jamais rendre outranciers les personnages, sauf si on excepte le portrait du jeune un peu lourd qui se voit déjà dans un monde communiste à cause des barricades parisiennes et des grèves, leur donnant un naturel et une crédibilité qui les rendent proches de nous. Bien servi en plus par une très bonne interprétation, mention spéciale à Bruno Carette qui montrait ici qu'il n'était pas qu'un "Nul" mais un véritable acteur de composition qui aurait certainement fait une très belle carrière si, malheureusement, la mort ne s'en était pas mêlée.
Dommage que le dernier tiers avec la "fuite" vire dans le ridicule le plus total et laisse sur une impression plus mitigée en ruinant un peu un ensemble, qui jusque-là était vraiment pas mal. Vraiment dommage...