Le sujet est précieux : une famille américano-coréenne décide de s’installer dans une petite ferme de l’Arkansas pour vivre leur "rêve américain". Comme l'écrit le synopsis, on y trouve la belle résilience de la famille qui lutte pour devenir autosuffisant et s'intégrer dans ce nouvel environnement familial quasi nomade, et temporaire ? Une grande-mère attachante les y rejoint rapidement pour les aider, notamment dans la garde des deux enfants. Si les parents et la grand-mère sont déjà des bons personnages, les deux enfants élèvent le niveau du film. Le petit garçon en particulier, en proie à des soucis médicaux, est magnifique dans son rôle et sa relation avec ses parents, sa grand-mère (avec humour), sa maladie et simplement la vie. Une grande prestation.
On passe un bon moment devant le film, les images sont belles, etc. On est d'accord et je pourrais m'arrêter à ça : j'ai aimé le film. Mais il survole tout les sujets qu'il devait aborder, dans un entre-deux malheureux et/ou maladroit d'un film et d'un sujet à la fois coréen et américain où le film ne raconte finalement ni une Histoire de Corée, ni une histoire américaine, pas plus qu'une histoire d'immigration.
Pourquoi avoir quitté la Corée ? D'où vient ce "rêve américain" pour la famille ? Quelles en sont les raisons ? D'où sort l'argent de la propriété, du terrain et du tracteur pour cette famille continuellement fauchée ? D'où débarque si facilement cette grand-mère ? Pourquoi un "fermier" de la bonne vieille Amérique puritaine se prend d'affection immédiate pour ces étrangers ? Comment Jacob peut-il s'improviser et devenir si bon agriculteur du jour au lendemain, et alors même que sa femme doutait de lui ? Que veulent-ils nous dire à travers ce rapprochement religieux assez soudain ?
Toutes ces questions n'avaient pas à trouver une réponse, mais ça fait beaucoup de vide accumulé dans le scénario pour considérer Minari comme un grand film.