La réalisatrice s'est attachée dès les premières séquences à dépeindre la personnalité de Baek Sang-A. Ancienne prisonnière au parcours douloureux, elle mène une existence insipide. Malgré le soutien de Jang-Sub qui nourrit à son égard des sentiments profonds, la perception qu'a la jeune femme d'elle-même ne lui permet pas de recevoir cet amour. De son propre chef, elle n'a rien à offrir, encore moins à une petite fille, victime de sévices. Cette petite fluette, dans sa robe de coton en plein hiver, à l'hygiène douteuse et au corps recouvert de bleus est son propre reflet d'enfant maltraitée. Loin de l'univers feutré du cinéaste japonais Hirokazu Kore-Eda dans son oeuvre primée "Une affaire de famille", Lee Ji-Won opte pour la brutalité : violence des coups, violence des mots, des parents, des institutions censées protéger l'enfant, de la société dans son ensemble.