"Mission : Impossible" est un film qui se bonifie à chaque visionnage, la complexité de son intrigue n'en finissant pas de se révéler et de fasciner, tandis que la maîtrise formelle de De Palma transcende régulièrement le sujet. Car, dans ce qui est essentiellement un "film de genre" (ici le suspense...), tout ici est construction, abstraction, mécanique et manipulation. Dans le monde des nouvelles technologies, les sensations et la jouissance corporelle sont peu à peu exclues, et l'homme n'est plus qu'une image sans cesse appelée à être manipulée. De Palma se plait donc à rajouter à la confusion, en faisant circuler les visages comme des images indépendantes, les faisant disparaître derrière tout un jeu de faux-semblants et de masques, de postiches et de maquillage. Toute image - nous dit-il - est susceptible d'en contenir une autre, et tout être survit par la représentation, littéralement inépuisable tant qu'il peut la mettre en jeu. Le chaos des apparences tel que représenté par "Mission : impossible" devient terrifiant parce que sans fin. [Critique écrite en 1999]