Möbius
5.3
Möbius

Film de Éric Rochant (2013)

Möbius c'est un film international.
Se déroulant à Monaco. Mettant en scène une actrice belge au nom on ne peut plus francophone dans un rôle d'américaine, et un acteur français, connu pour l'être, interprétant un espion russe espionnant cette américaine recluse à Monaco. Mais un homme d'affaire russe "crapuleux" (comprenne qui pourra) va interférer dans leurs affaires. Celui qui le joue c'est Tim Roth, un américain. Et, en plus, Cécile de France et Dujardin, respectivement américaine et russe, rappelons-le, parlent français. Et le Russe qu'interprète l'américain Tim Roth parle anglais. Et la secrétaire russe de l'espion russe qu'interprète le français Jean Dujardin parle autant russe, français qu'anglais. Reste Emilie Dequenne, actrice belge qui interprète elle aussi une russe parlant français à Monaco.
Bon. Niveau cohérence et crédibilité, on repassera.


Mais faisons fi de ces défauts, souvent gênant certes, pour nous concentrer sur ce qui vaut un 7 à ce film.
7 car la mise en scène d'Eric Rochant est très réussie ; format scope, jeux subtils d'éclairages feutrés, et donc d'ambiance qui le sont tout autant, plans très beaux, soignés et classes.
Et, le gros atout du film, une bande son qui a toute sa place et est très belle. Jonathan Morali livre une musique toute en simplicité, qui se concentre sur des notes émouvantes, qui habitent totalement certaines scènes, pour les magnifier.
Car outre une intrigue intelligente, souvent complexe, un peu longuette sur la fin, mais toujours maligne, le gros atout du film c'est l'histoire d'amour entre Jean Dujardin et Cécile de France. Si lui est souvent un peu trop grave pour être crédible à 100%, sa comparse belge est là pour rattraper le tout.
Entre lèvres mordillées, soupirs tremblants et candeur du sourire, elle donne à cette histoire d'amour une véritable dimension qui émeut jusqu'aux dernières images. Et le tout est magnifié par la mise en scène qui a bien compris qu'était en fait là tout l'enjeu du film. En résulte des scènes très réussies où, dans érotisme prude, Rochant montre une histoire d'amour fulgurante, qui rendant possible quelques scènes tendues et efficaces, où l'on retient son souffle avec joie.

Créée

le 12 nov. 2015

Critique lue 281 fois

Charles Dubois

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