Monkey Man est tout simplement un John Wick indien, pour le décrire brièvement. Ou comment, pour sa première réalisation, Dev Patel a voulu se faire plaisir en s’octroyant le premier rôle d’un film d’action bourrin. C’est sûr que l’ambition n’a rien d’auteurisante, mais elle n’en reste pas moins honorable. D’autant plus que les films avec Keanu Reeves témoignent d’une technique complexe, demandant maîtrise et savoir-faire. Et franchement, pour un coup d’essai, nous pouvons dire que le jeune cinéaste a plutôt réussi son pari. Certes, on y retrouve le côté aussi maniéré que bourrin et un choix des couleurs bien spécifiques, qui donnent une impression de copié-collé visuel un peu trop prononcé. Sans compter que Monkey Man reprend le défaut des derniers John Wick, à savoir une durée trop longue (ici, deux heures) pour ce que le film raconte – avec pour conséquence peu de profondeurs et un ventre mou question rythme plutôt conséquent. Patel va même jusqu’à citer John Wick directement dans son long-métrage, c’est pour dire que le célèbre Baba Yaga a clairement été le modèle à reproduire. Mais hormis ces défauts discutables, Monkey Man est un film d’action qui se défend avec beaucoup d’aisance. Ne serait-ce que par la qualité de sa mise en scène, Dev Patel surprend l’assistance par son énergie et surtout l’inventivité de ses séquences d’action. Le long-métrage est, en effet, assez généreux en idées, permettant d’offrir au public des scènes percutantes, terriblement ludiques et jouissives. Avec, en prime, un acteur-réalisateur plutôt crédible dans ce genre de cinéma, alors que nous n’avions pas l’habitude ni l’idée de l’imaginer dans ce genre de registre. Et outre une indiscutable maîtrise technique, Monkey Man s’avère également intéressant dans sa représentation de l’Inde. Bien loin de l’aspect carte postale qui l’aurait transformé en banal film hollywoodien – ou production Luc Besson, au choix ! -, le titre parvient à allier culture et mythologie indiennes à la quête de son protagoniste. Tout en présentant un pays soumis à la corruption et les inégalités sociales. Lui conférant pour le coup une aura assez particulière et intrigante, et surtout un charme certain. Donc oui, Monkey Man a beau abuser de son étiquette de John Wick-like, il en résulte toutefois un divertissement savamment mené, dépaysant et efficace. Qui, en plus de cela, n’a clairement pas à rougir de la concurrence, étant donné qu’il se révèle être beaucoup plus performant que la majorité de ses semblables. Bref, à découvrir !