Monster Man
5.5
Monster Man

Film de Michael Davis (2005)

Monster Man, c’est d’abord un titre, juste ces deux mots, et qui semblait tellement prometteur aux différents partenaires commerciaux que le producteur a laissé carte blanche à Michael Davis pour créer un film autour.

Et donc le Monster Man en question c’est un psychopathe dépenaillé qui tue les gens grâce à son énorme Monster Truck tuné façon Mad Max plutôt que Pimp my Ride. Vroum vroum, motherfucker !

Voici de quoi remettre un peu de tigre dans le moteur d’un genre qui ronronne trop souvent, même si Monster Man opte pour un croisement des genres encore plus audacieux que cette simple idée déjà bien épicée. En effet le film de Michael Davis se veut au croisement de la comédie pour adolescents et du film d’horreur.

Bonjour Adam et bonjour Harley, deux amis mais brouillés qui sont en direction du mariage d’une vieille amie, à qui Adam veut déclarer sa flamme avant qu’il ne soit trop tard, best idea ever. Celui-ci est le petit puceau sage et ordonné, qui contrôle sa vie dans les moindres détails mais peine avec les autres. Harley a d’autres problèmes de relationnel, car il est tellement extraverti qu’il n’a pas sa langue dans la poche, organe qu’il aimerait bien glisser dans la bouche de jolies filles. Notons que dans son allure et dans son débit de paroles, l’acteur Justin Urich semble faire une caricature de Jack Black.

Le duo classique, l’intra et l’extra, deux êtres bien différents mais qui vont se retrouver, malgré l’arrivée d’une jeune fille, Sarah, dans leur road trip. La fuite en avant face à ce psychopathe en Monster Truck qui semble en vouloir à leur peau reste de toute façon une bonne opportunité pour se serrer les coudes.

L’inconvénient des salades composées c’est que sans la bonne sauce ce n’est parfois pas terrible. Malgré toutes ses bonnes intentions, Monster Truck peine à être drôle et à faire trembler. Si la relation entre Adam et Harley finit par évoluer dans le bon sens, pour en faire de vrais potos pour les coups durs, ça patine beaucoup au début à force d’en faire trop, chaussée glissante. Notons tout de même une grande inventivité dans les dialogues, très crus et très directs, mais qui construisent la relation des deux loustics. Les allusions au sexe étant déjà là, le film est bien content de proposer une partie de jambes en l’air pour une scène bien embarrassante, la virginité d’Adam saute lors d’une partie de jambes en l’air terriblement gênante et trop longue, faut arrêter de filmer la baise tout habillé et sans passion.

Dans ses intentions horrifiques, là encore le film peine à passer à la vitesse supérieure. S’il faut lui reconnaître un Monster Truck customisé assez réussi de même que des maquillages et trucages assez professionnels, difficile pour autant de trembler devant ce qui pourrait n’être qu’un maniaque de la route de plus. Par la suite, le film prend une direction plus intéressante, s’infusant dans le jus de Massacre à la tronçonneuse, avec une dernière partie dans l’antre de la bête assez réussie. Pas de quoi monter brusquement dans les tours, mais tout de même, c’est mieux, même si l’outrance proposée est plus proche d’un Evil Dead que du film de Tobe Hooper.

Spoiler, ajoutons tout de même que le meilleur moment où les deux extrêmes se rejoignent, entre la bêtise d’un film pour adolescents et le gore d’un métrage horrifique pour le même public, consiste en un « cunnilingus » bien sanglant. Il faut le voir pour le croire.

Petit film d’exploitation mais grand sur le chassis et sur le papier, Monster Truck a les défauts de ses ambitions, sans pour autant finir à la casse. Filmé de manière convaincante, avec quelques décors, bruitages et accessoires réussis, malgré de gros problèmes de raccords avec son filtre orangé pour les phases en extérieur (parce dans le désert il faut un filtre numérique jaunasse, c’est obligé), le film de Michael Davis est une tuture hybride qui manque parfois de jus, mais au moins saluons l’effort, on a croisé bien pire sur la route de la pelloche du bis.

Vroum vroum !

SimplySmackkk
5
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le 1 nov. 2025

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SimplySmackkk

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