Song Kang-ho est un peu le Lino Ventura coréen. Ce qui veut dire qu'il est bon tout le temps et que, même si le film n'est pas terrible, il restera toujours le plaisir de le regarder lui.
"Morsures" fait partie des films les moins bons de Song. Il n'est pas mauvais non plus, mais il est loin d'être à la hauteur du talent de son acteur principal. Ma note tient donc compte de la présence de Song. Sans lui, je n'aurais pas mis plus que 5/10.
L'intrigue est compliquée et accumule les personnages. J'avoue que j'ai perdu un peu le fil, mais j'ai réussi à retomber sur mes pattes vers la fin.
L'histoire mêle combats de chien, prostitution enfantine et trafic de drogue. S'y ajoute l'intrigue
un peu invraisemblable du chien dressé pour venger son maître et sa fille.
Ça donne un fourre-tout bien glauque et très chargé.
Le film accumule les scènes de misogynie et d'humiliation de la part des inspecteurs de police envers la jeune inspectrice nouvellement nommée. Elles sont particulièrement pénibles, d'autant plus que la jeune femme les subit sans broncher et même avec un air contrit. Elle baisse la tête et ne se rebelle jamais, même quand elle est transférée sans raison. La cerise sur le gâteau, c'est que c'est grâce à elle que l'enquête est résolue. Mais ce sont ses collègues masculins qui récoltent les lauriers et sont récompensés par des promotions. La jeune femme gardera sa docilité et sa douceur et s'effacera avec grâce. Elle n'en veut même pas à son partenaire nouvellement promu grâce à elle. Il est vrai qu'il a l'air un peu moins con que les autres et qu'il semble avoir un peu évolué "misogyniquement" parlant.
Song Kang-ho, flic bourru et misogyne (comme ses collègues), est comme d'habitude crédible, charismatique et expressif. En comparaison, sa jeune partenaire est terne et transparente, arborant un visage neutre pendant tout le film. Son allure frêle de mannequin filiforme ne la rend pas crédible en flic, surtout dans les scènes d'intervention musclées.