Le film est vraiment sauvé par une fin très belle et touchante. Autant le personnage principal est très réussi, notamment car Dick Bogarde le joue très bien grâce à ses petits rictus et sourires qui font franchement de la peine, autant la mise-en-scène, très classe et sophistiquée devient un peu redondante une fois la moitié du film passé.
J'aime beaucoup le regard que le film apporte sur la vieillesse, et le parallèle qui est fait entre l'obsession pour cet enfant et la mort de la ville sous la maladie fonctionne très bien.
En plus, le film n'hésite pas à se moquer de la bourgeoisie à travers le personnage principal. Bien qu'il incarne l'artiste torturé par sa moralité, la façade se déchire vite dès lors qu'il doit se trouver des excuses pour continuer son petit jeu malsain, notamment lorsqu'il utilise le prétexte d'un bagage oublié qui l'arrange bien pour rester à l'hôtel.
L'hôtel ne fait d'ailleurs que renforcer cette caricature bourgeoise puisque sa place de contrôle est régulièrement mis-à-mal par les petites mains qui l'entourent (conducteur de barque, guichet, musiciens) et la décrépitude de la ville qui lui rappelle sans cesse sa propre moralité. Alors il ne peut que rêver de jeunesse dans une solitude malsaine jusqu'à sa mort.
Bref, malgré un rythme un peu inintéressant, le film touche quand même grâce à l'immoralité de son personnage principal et sa réflexion sur la mort, bien que la mise-en-scène m'ait clairement laissé de côté.