Aujourd'hui j'ai vu Moudjahidate d'Alexandra Dols sur la participation des femmes engagées au sein du FLN-ALN lors de la guerre d'Algérie. On découvre au travers d'anecdotes, de souvenirs l'engagement de ces quelques 10.000 combattantes soit environ 3% du total [1] bien souvent passée à l'as lorsqu'on évoque ces luttes révolutionnaires.
Le film construit une collection de traces évoquant l'engagement incontestables des femmes, établit que si l'organisation du FLN-ALN était loin d'être horizontale, il n'en reste pas moins que les décisions quotidiennes étaient discutées au sein des unitées par tous les membres sans s'inquiéter de leur genre (il se trouve qu'apparemment les maquisardes étaient généralement plus lettrées que leurs compagnons, peut-être cela a-t-il eu un rôle ?). Arrive ensuite le triste constat qu'une fois la libération obtenue, la société a "remis chacun à sa place" même si la plupart des interviewées ont refusé de rentrer dans le moule (en ne se mariant pas par exemple).
Comme à l'accoutumée, les tortures, viols et autres attrocités commises sont difficilement évoqués et l'on préfère se remémorer les rares bons moments histoire de, tout simplement, pouvoir continuer à vivre sans devenir folle. Au passage, on apprend que les femmes des tristements célébres généraux Massu (Maître ès torture [2]) et Bigeard (Maître ès Saut en parachute sans parachute [3]) ont joué un rôle actif en tentant de retourner des Moudjahidates longuement torturées en leur faisant miroiter une vie nouvelle à base de luxueuse villas, fringues offertes et compagnie. Décidémment, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre dans ces couples...
À voir.
[1] Le pourcentage ne concerne que les membres du FLN-ALN et prive donc mécaniquement de reconnaissances toutes celles qui ont apporté une aide logistique (nourriture, hébergement, dissimulation, etc.) sans pour autant faire partie intégrante du mouvement.
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Massu#Massu_et_la_torture
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Crevette_Bigeard