Les disparus de l'Histoire
Zimbabwe, ancienne Rhodésie jusqu'en 1980, date de la chute du régime d'apartheid dirigé par Ian Smith depuis 1964. Jusqu'à l'arrivée au pouvoir du président Mugabe le contrôle des terres appartenait aux fermiers blancs représentant environ 5% de la population. La chute du régime d'apartheid a sonné le glas d'un régime que l'on ne peut que condamner. Mais qu'est-il advenu de ces fermiers blancs? Ces oubliés de l'histoire ressurgissent sur pellicule près de deux générations après la fin de leur hégémonie. En 2000 le président Mugabe entame une politique de redistribution des terres. Il s'agit de spoliations à des fins électorales sous couvert de chants annonçant la décolonisation. L'économie s'effondre, le Zimbabwe, ancien grenier à blé de l'Afrique, est aujourd'hui connu pour ses taux d'inflation records (de 231.000.000% en 2008 à 80.000.000.000% chaque mois selon certaines estimations), son taux record de contamination au sida (15%) et la persistance du choléra. Explication: à l'apartheid a succédé un régime encore plus inégalitaire, dictatorial, autoritaire et, rétrospectivement, plus raciste que sous Ian Smith. Deux injustices en sens contraire ne constituent pas une justice, la vie de ces fermiers blancs est désormais menacée par une persécution permanente. Certes, le tournage est à bien des égards trop concentré sur la vie semblerait-il sans reproches de ces fermiers et rien ou presque ne fait référence à l'ancien régime d'apartheid. Certains commentateurs se sont alors empressés de taxer le documentaire de réécriture historique. A bien des égards, il ne s'agit pourtant que de rendre hommage à ces européens devenus africains parmi les africains et luttant pour être reconnus comme tels, sans distinction d'origines ou de couleurs de peau.