<i>Spoilers.</i>

<i>Multiples Orgasms</i> est un court-métrage expérimental qui superpose des images de jouissance sur les paysages minéraux du territoire américain. Le collage est bien trouvé, ouvrant à une sorte d’immense espace intérieur qui donne à l’intimité des largeurs infinies, alliant ce geste ancestral de la sexualité à quelque chose d’ancré dans le granit, et retrouvant les circonvolutions du plaisir dans celles de la roche (le passage aux stalactites, notamment, fait circuler de multiples variations et aventures sur les visages en extase). Le seul moment où le film “choque”, au final, est lors du court passage d’aller-retour entre la vulve masturbée et le visage, comme si soudain la recomposition du corps entier (et non sa seule relation au paysage) lui rendait toute sa concrétude… Malgré tout, je suis assez déçu par l’incapacité de ce collage à créer des choses au-delà de son idée première. Il y a par exemple un moment, tout près de la fin, où la caméra s’échappe par une percée de ciel, où le bleu remplit l’image, et où soudain le visage est tout à fait lisible, donnant un effet conclusif mystérieux… qui se trouve immédiatement nié par de nouveaux passages par la roche. À l’image de ce moment, il ressort du film une impression générale d’aléatoire, malheureusement pas rare dans le cinéma expérimental.

Deep-deep-sea
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le 30 sept. 2026

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