La bande dessinée française Mutafukaz de Guillaume Renard ou « Run » pour les intimes est adapté par lui-même, ce film d'animation franco-japonais à la direction artistique et à la mise en scène du duo Shōjirō Nishimi & Guillaume Renard, produit par Ankama Animations (Dofus, livre 1 : Julith) et le Studio 4°C (Memories, Genius Party) avec une bande originale électronique composée par Guillaume Houzé & The Toxic Avenger.
Voici l'épopée rocambolesque de deux acolytes, Vinz et Angelino, habitant dans la nauséabonde ville de la côte Ouest des États-Unis, Dark Meat City. Après un banal accident de scooter, Angelino se voit touché par un affreux mal de crâne et va se retrouver impliqué dans une étrange histoire qui attire l'attention des hommes en noir. C'est les deux rappeurs de Casseurs Flowters, Orelsan (Comment c'est loin, Au poste !) & Gringe (Carbone, Les Chatouilles) qui prêtent leurs voix aux deux héros losers Angelino & Vinz, accompagnés de comédiens français spécialisés dans le doublage comme Kelly Marot, Redouanne Harjane, Julien Kramer, Féodor Atkine (Les Sous-doués, Le Retour du héros), Gilbert Levy et Alain Dorval.
Intervention imminente !
Angelino est un jeune loser parmi tant d’autres à Dark Meat City, une mégalopole sans pitié sous le soleil de Californie. La journée, il livre des pizzas dans tous les recoins de la ville et la nuit, il squatte une chambre d’hôtel minable avec son coloc Vinz et une armada de cafards qui font désormais un peu partie de sa famille. À la suite d’un accident de scooter lorsque son chemin a croisé par inadvertance la divine Luna, une fille aux cheveux noir de jais, notre jeune lascar commence à souffrir de maux de tête et d’étranges hallucinations. Des hallucinations, vous avez dit ? Hmm, peut-être pas... Pourchassé par des hommes en noir, Angelino n’a plus aucun doute : il est pris pour cible. Mais pourquoi lui ? Après une chasse à l’homme terrifiante, il est finalement fait prisonnier et apprend la vérité sur ses origines : il est mi-homme, mi-Macho, une créature issue de la matière noire de l’univers. Rejoindra-t-il les rangs de ceux qui exploitent en secret les ressources du monde ou choisira-t-il un autre destin?...
Il faut sauver Willy !
La première scène donne d'emblée le ton, on part pour un film d'animation de genre sous LSD qui se veut bien sûr proche de son matériel de base entre comics et mangas à la jonction parfaite d'une épopée urbaine de punk-rock et d'une vieille SF à tentacules. Mutafukaz n'est pas réservé aux initiés de la BD, c'est avant tout un excellent long métrage d'animation pour adultes à l’énergie bordélique (Invasion extraterrestre de Machos contre les Gardiens/luchadors et le western urbain avec gang qui cite Shakespeare) avec des défauts certes, qui peuvent au final se transformer en qualités et dont l'inventivité le dispute à l'humour entre réchauffement climatique et quête d'identité.
Qui vit par l’épée périra par l’épée !