Je m’attendais à un film de gauche (enfin, on est aux États-Unis, donc plutôt “libéral”), qui proposerait une critique forte de la peine de mort, saupoudrée d’une romance façon “les opposés s’attirent”.
Au lieu de ça, je me suis retrouvé devant un film qui tire nettement plus vers le centre-droit (conservateur, donc), avec une romance assez peu crédible en guise de fil conducteur.
Ce qui me frappe surtout, c’est l’absence totale de réflexion sur pourquoi la peine de mort est absurde. Plutôt que d’interroger le système et le fait que ce soit toujours en vigueur, le film se contente de suivre une famille qui s’y oppose a priori uniquement parce que leur propre père est dans le couloir de la mort.
La dimension politique devient alors purement anecdotique, malgré la mise en scène des deux camps face à face, tout est vite éclipsé par la romance qui prend toute la place, au point d’écraser le drame familial.
Attention, tout n’est pas à jeter : l’idée des inserts sur les derniers repas des condamnés à mort est excellente. La romance, bien qu'elle m'ait globalement peu convaincue, parvient par moments à bien capturer la passion des débuts.
Et plus largement, même si le rythme traîne parfois, la mise en scène, sobre et sans esbroufe, rend le film plutôt agréable à regarder.
Puis les acteur·ices sont impeccables, juste dommage que les personnages secondaires, notamment ceux de la famille, soient si peu exploités.
Et pour revenir une dernière fois sur la romance : si j’étais taquin, je dirais meme que le fait qu’elle soit lesbienne ressemble ici presque à une caution politique. Du genre: “On donne davantage la parole aux pro-peine de mort (lors des rares confrontations d’idées, c’est toujours eux qui ont le dernier mot), mais rassurez-vous : on a quand même mis une histoire d’amour entre deux femmes, ça équilibre !”
Au final, My Days of Mercy me paraissait se présenter comme un drame sociétal fort, doublé d’une histoire d’amour “interdit”. Mais il m’apparaît plutôt comme une œuvre d’une grande platitude, qui à mes yeux rate son ambition, tout en laissant malgré tout entrevoir quelques bonnes idées.
Dommage.