Très bon film sans but. Au début j'ai cru trouver ça inintéressant comme certains films de Jim Jarmusch qui, je trouve, manquent toujours de quelque chose. Cependant, c'est peut-être parce que ça va nulle part que ce film est aussi réussi.
Le film est en fait très riche puisqu'il présente trois portraits de personnages mais toujours en rapport avec la ville de Memphis, qui elle ne change pas. Alors on y retrouve des thématiques et des éléments communs entre chaques histoires mais toujours suffisamment subtils pour être amusants à repérer. Par exemple on a le coup de feu, la même chanson d'Elvis à 2h du matin à la radio et surtout les deux types à l'accueil de l'hôtel, vraie liaison entre ces 3 récis, et surtout meilleurs moments du film.
Finalement on se retrouve face à un portrait grinçant mais assez doux de l'Amérique à travers cette espèce de ville où tout fait faux et dans laquelle tout le monde est poursuivi par le fantôme d'Elvis (métaphoriquement comme matériellement), ce qu'on retrouve dans des très beaux travellings des personnages marchant devant la ville calme, que les 3 portraits ont en commun. Finalement ça en fait un vrai film sur l'errance, presque méta, au rythme hyper personnel (lent mais verbeux) et toujours décalé.
C'est d'ailleurs à l'image de ses personnages dont il se moque régulièrement par les liens qu'il tisse entre eux avec comme meilleur exemple l'allumage du briquet stylé, que le japonais réussi à merveille mais que l'anglais rate complètement.