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Dystopie immédiate
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le 7 oct. 2013
Tout n'est pas parfait, mais on a peut être le meilleur Film de Lumet que j'ai vu avec 12 Hommes en Colère (j'en ai vu 10, les "principaux" on va dire, à l'exception du Verdict, ou du moins les Films dont il parle le plus dans son livre). On reprochera peut être une scène de sexe entre Diana et Max qui ne mène pas à grand chose, et qui est plutôt vite (et un peu mal) expédié.
C'est du pur cinéma Américain des années 70, dans la photographie, dans le message, dans ce que le Film dénonce et montre, dans sa mise en scène. Esthétiquement, on pense bien sûr aux "Hommes du Président" d'Alan J. Pakula, entre autres.
J'ai beaucoup aimé cette critique acerbe du monde de la télévision et du pouvoir en général, cette course à l'audience à tout prix, dans une des périodes les plus noires de l'Histoire d'un pays. Le personnage de Diana (incarné superbement par Faye Dunaway) est bien représentatif de la critique du Film envers le monde de la TV. Elle est totalement aliénée, déshumanisée, accroc aux chiffres et aux succès, ce que le personnage de Max finira par refusé.
Lumet dénonce tout le monde un monde ou tout le monde est sur un siège éjectable, tout le monde est remplaçable en un claquement de doigt, ou quelqu'un peut être adulé, ou sa parole est écouté comme paroles d'évangiles, et le lendemain il peut être viré et traîné dans la boue. Au delà de la Télévision, il y a sûrement une critique d'Hollywood dans ce Film. C'est aussi un Film montrant les risques de donner de l'audience et de l'importance à un homme sur les bords de la folie, prêt à tout pour rester sur le bateau ou il est depuis longtemps, même à faire un appel à se rebeller contre un système dont il fait lui même partie.
Lumet dénonce aussi le côté "girouette" des médias de masse. L'exemple ou Beale demande aux spectateurs de s'insurger par le rachat de la chaîne par des saoudiens, pour après sur la pression de ses patrons, prôné des idées mondialistes est assez frappant.
On y découvre un monde ou on déballe tout, ou on provoque, ou on cherche le buzz (le présentateur qui affirme qui va se suicider en direct).
Aussi, la deuxième émission d'Howard Beale, est assez frappante sur ce que le Film dit de la télévision. Dans son discours, il dit que de moins en moins de personnes lisent (que ce soit le journal ou des livres), que le seul moyen de se divertir et de s'informer pour beaucoup est la télévision. Puis, il y a l'éclairage et le décor de ce plateau d'émission TV: outre le fond avec un dessin avec des fleurs ressemblant à un vitrail, le présentateur est éclairé d'une lumière divine. Comme si il prodiguait la parole ultime, comme si la Télévision était une église.
L'autre scène assez frappante, et celle qui se passe aux fenêtres de la ville. Avec des dizaines de personnes disant exactement la même chose, la chose qu'Howard Beale leur a dit de dire. Il y a également cette émission que Diana crée sur le groupe terroriste communiste.
Vu que c'est un Film de Sidney Lumet c'est évidemment super bien et intelligemment filmé. Pour ceux qui est des acteurs, outre Faye Dunaway dont j'ai déjà parlé, il y a Robert Duvall et (surtout) William Holden et Peter Finch (dans son dernier rôle Ciné, et avant dernier rôle tout court). Peter Finch a particulièrement retenu mon attention, car je crois l'avoir vu nul part ailleurs avant Network, totalement hallucinant dans le rôle d'un Présentateur halluciné, rappelant un peu le rôle de Tom Cruise dans "Magnolia" 23 ans plus tard.
Créée
le 18 avr. 2020
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