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L’été est la saison de l’année la plus propice aux blockbusters, ce qui ne me déplaît pas. Mais quoi de mieux qu’une douce comédie dramatique pour faire un break au milieu de tous ces robots extraterrestres géants, singes qui montent à cheval et autre raton-laveur fou de la gâchette ? C’est ce que nous propose New-York Melody.

Le film raconte la rencontre de Dan, un producteur de musique, qui n’est plus que l’ombre de lui-même (soucis de famille, de boulot, d’alcool, tout ça) et de Gretta, une chanteuse amatrice qui vient de se faire larguer par son ex-rock star de boyfriend. Ils vont apprendre à se connaître et réaliser qu’ils pourraient mutuellement s’accomplir via la production/création d’un album de musique.
N’ayant pas les moyens de faire un enregistrement en studio ou de produire une démo, ils ont l’idée d’enregistrer l’album à la sauvage, en pleine ville, avec les bruits environnants pour rendre palpable (du moins, audible) cette atmosphère new-yorkaise si particulière. Ainsi, l’album de Gretta capture l’essence de New-York (ce qui passe par les moteurs et les pots d’échappement). En parlant de carburant, on peut dire que cet alcoolo de Mark Rufalo ne fonctionne pas à l’eau. Transition fluide, bien que plutôt merdique, qui me permet d’aborder les personnages.

Puisque j’ai évoqué le protagoniste masculin Central, Mark, continuons sur cette lancée. Il expose fièrement sa silhouette de gros nounours hirsute à bouclettes. Plus d’une de ses mimiques m’a réellement touché. Que ce soit son air ébahit (qui rime avec « tête d’abruti ») quand il entend Keira chanter pour la première fois ou encore son visage quand cette dernière ose critiquer le style vestimentaire de sa fille et qu’il estime que s’éclipser est plus prudent, il compose un personnage de looser planant et détaché dont on s’éprend facilement. D’autant qu’il cache derrière sa dégaine cool et son sourire béat quelques blessures qui lui donnent un peu relief.
La belle anglaise laisse quant à elle pétiller son charme sous les projecteurs et se glisse parfaitement dans la peau de cette chanteuse discrète et humble mais au talent brut. Le charme fou de ses deux interprètes principaux est clairement l’un des gros points forts de New York Melody.

L’un des attraits du film, c’est aussi Adam Levine, le chanteur de Maroon 5. Pour sa première incursion au cinéma, il joue le rôle de Dave Kohl (qui a dit Nirvana et Foo Fighters?). Il passe plutôt bien du micro à l’écran. Il ne s’agit certes pas d’un rôle de composition mais il campe sans souci une rock star crédible, avec ses excès, ses blessures et ses faiblesses, ses faux pas, ses maladresses.
Natacha Saint-Pier, big up.
Après, on a droit à l’éternel bienveillant-meilleur-ami-rigolo. Qui est forcément rondouillard, sinon il serait moins drôle. Du coup, puisque ça semble si indispensable au caractère sympathique du personnage, je ne vais pas me gêner pour rappeler de temps en temps dans le reste de cette critique que sa silhouette est disgracieuse, à ce gros sac.
Pour les autres personnages, ça reste du second rôle de seconde zone, rien de folichon.

Le film a la bonne idée de faire de la musique le ciment de la relation qui lie Gretta et Dan. Ce n’est pas surprenant de la part du réalisateur de Once mais cela nous évite une énième romance clichée et maladroite. L’évolution du lien qui les unit est bien menée et ce, jusque dans le dernier plan. Sans céder aux sirènes de la facilité qui rime avec baiser (je vous laisse libre de penser si le dernier mot de ma phrase s’avère être un nom ou un verbe). Malheureusement, aussi fraîche et bien menée soit la relation de Gretta et Dan, ça n’empêche pas le film d’être extrêmement prévisible. Même si ce n’est pas une qualité attendue dans ce genre de production, un peu d’originalité ou quelques surprises dans le déroulée du script n’auraient pas fait de mal.

J’évoquais la place prépondérante de la musique dans la relation des deux personnages principaux mais qu’en est-il de sa qualité ? Eh bien bonne nouvelle, elle est au rendez-vous ! Heureusement vu que la musique occupe une place de premier plan : c’est le thème central du film (le titre provisoire était même « Can a Song Save Your Life? »), elle accompagne les sentiments des personnages tout au long de l’histoire, le casting est composé de deux véritables chanteurs et tous les personnages ont la passion du 4ème Art. Les amateurs de Maroon 5 seront au passage ravis de voir Adam Levine participer à la bande-son composée par Gregg Alexander, qui respire la fraîcheur. La musique du film est donc un bon point (à ne pas confondre avec l’embonpoint du meilleur ami).

Autre aspect qui joue en faveur du film : le fait que le côté carte-postale ne soit pas trop appuyé. Le titre indique que NYC tient une place importante dans l’histoire mais rares sont les monuments célèbres qui prennent beaucoup de place dans le cadre (le meilleur ami gros, lui, ne se gêne pas). C’est une bonne chose que le film ne sombre pas dans le banal produit de promoteur de vacances. Bon, on a bien un petit Empire State ou un Chrysler Building qui vient faire coucou de temps en temps. Mais ça reste globalement discret ou dissimulé dans un arrière-plan flou. Le charme de la ville transpire plutôt par les pores d’une ruelle sans prétention, d’un roof top parmi tant d’autres, de quelques appartements miteux, du métro new-yorkais ou encore d’une terrasse d’un vendeur des donuts et autres cheesecakes (non, pas de parallèle avec le gros : trop facile. Je ne frappe pas un gros à terre.). Cela confère donc un côté assez authentique qui colle bien au propos du film. Après, peut-être qu’au même titre que l’aspect artificiel de 99% des artistes qui est pointé du doigt dans le long-métrage, l’authenticité de New York Melody n’est en fait que savamment calculée. Peu importe, en ce qui me concerne, ça a fonctionné.

Je déplore toutefois quelques petits soucis d’ordre technique. Par exemple, un protagoniste laisse un message vocal en chantant une chanson. Sauf que sa chanson dure plus de deux minutes et que je m’attendais à un « Désolé, votre message vocal dépassant la durée autorisée, il serait temps de songer à la fermer.». Bon, tout étant plus démesuré aux U.S (Cf. le meilleur ami gros), pourquoi pas la capacité d’enregistrement de sa boîte vocale. Autre petit souci technique, lorsque deux personnages se baladent dans la ville avec un double-jack pour écouter la même musique, ils vont danser en boîte de nuit mais en se trémoussant sur la musique qui sort de leur baladeur. Sauf que ce que crachent les baffles de la boîte de nuit devrait complètement recouvrir le son des écouteurs et ainsi leur casser leur délire.
Et leurs couilles.

J’ai aussi remarqué que la marque Apple étant omniprésente dans le film. Le placement produit est un peu trop appuyé bien qu’on reste loin du niveau d’un Transformers. Mais en même temps, quoi de plus normal que la marque de Steve fasse le Job dans la ville de la Grand Pomme?
En parlant de placement produit, on en retrouve un pour Pepsi mais évidemment moins vulgaire que celui de World War Z. L’alcoolo repenti qui se délecte de ce délicieux breuvage lâche même un « Mais comment les gens font pour boire ça ?! » (Demande au meilleur ami. Il en boit forcément vu qu’il est gros.). On a vu plus vendeur comme pub.

New York Melody est un film simple et frais qui respire une certaine authenticité et doit beaucoup aux charmes de ses deux acteurs principaux. La ville de New-York est là pour le plaisir des yeux et la bande-son pour celui des oreilles. Reste que l’histoire est très prévisible et certains personnages un peu caricaturaux.
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