Nickel Boys tombe dans tous les pièges du film à gimmick en l'étalant sur l'intégralité de ses deux heures et vingt minutes. Censée accentuer l'identification émotionnelle et sensorielle à son personnage principal, la caméra subjective finit par produire l'effet totalement inverse et à provoquer un détachement complet de la matière de l'œuvre. Ce choix dommageable se révèle encore plus problématique lorsqu'il s'agit de montrer de terribles sévices humains, où cette coquetterie de forme devient éthiquement scabreuse. Dans une volonté probable de démontrer ses capacités de cinéaste virtuose, RaMell Ross a oublié une leçon fondamentale : au cinéma point de vue filmique et point de vue moral sont indissociables et leur adéquation, indispensable à la cohérence d'une œuvre. A éviter.