J'ai abordé Night of the Reaper avec quelques appréhensions, en craignant de me faire arroser de nostalgic porn des années 80, avec de la synthwave et des gros effets de VHS, sans aucune substance ni effort. Et effectivement, le film adopte cette esthétique et surfe sur ce genre de proposition, en capitalisant à sa manière sur cet effet de mode devenu franchement envahissant, initié par Super 8, et démocratisé par Stranger Things.
Heureusement, le film a d'autres atouts dans sa manche et utilise ses arguments marketing pour concrétiser l'envie sincère de faire un bon vieux slasher à l'ancienne, dans la veine de ce qui se faisait dans les années 80-90 (Friday the 13th, Scream, I Know What You Did Last Summer, et mon favori : Urban Legend). Ces films avaient souvent des petits twists malins pour en faire des divertissements honnêtes, et c'est le cas de Night of the Reaper
Le film commence de manière très banale, mais s'avère ne jamais manquer de munitions pour nous garder en haleine et nous surprendre. Les persos sont sympas sans être mémorables, c'est plutôt drôle, efficacement mis en scène, on ne s'ennuie jamais, et j'ai passé un bon moment, sans réserve majeure. Ma plus belle surprise, c'est que le film ne m'a pas sans cesse enfoncé son coude dans les côtes, façon : "Hey, regarde, c'est les années 80 ! T'as entendu la musique ? Regarde mon filtre VHS, regarde les vieux ordi de papa, tavu ?!" - et je lui en suis reconnaissant.
Ce n'est pas un film que je recommanderais spécialement, à moins d'être un gros fan du genre, mais dans la catégorie "slasher à l'ancienne", c'est sans prétention et ça parait presque frais, pour la simple raison qu'il ne s'agit pas d'une énième suite opportuniste d'une vieille gloire passée qu'on vous ressert avec les acteurs vieillissants de l'époque pour maximiser le potentiel nostalgique.