Comme pour son vingt-huitième film ( "The Beguiled") , "Night Unto Night" , seconde réalisation de Don Siegel , est centrée sur des personnages isolées dont son drame se veut d'un thriller psychologiquement profond dans une atmosphère intense mais , qui se rapprocherait plus des mélodramatiques tendance Selznick de la fin des années 40 . Et son histoire serait celle d'un scientifique (incarné par Ronald "pig" Reagan) hanté par l'épilepsie, une maladie incurable, rencontre une belle femme (l'actrice Viveca Lindfords) hantée par la voix de son mari décédé. De profondeur , c'est ce qui manque totalement , cruellement à Ronnie aussi charismatique qu'un sac à papier (et encore , c'est faire insulte au sac de papier que de le comparer à ce pseudo-acteur de second plan ) . Don Siegel quant à lui , n'arrive pas à maitriser ce mélodrame dont d'ailleurs il confiera bien des années plus tard à Peter Bogdanovitch sarcastiquement ceci : " Je n'avais absolument aucune idée de ce que je filmais, pas seulement avant de faire le film mais aussi pendant !". Et cette raison vient probablement que le metteur en scène était marié à l'actrice Viveca Lindfords . Par conséquent aux yeux de Siegel , elle ne pouvait rien faire de mal . Forcement celui-ci était en manque d'objectivité et n'était pas en position de la critiquer trop occuper ou plutôt tout en se contentant de la regarder avec plaisir.. Là aussi , comme pour Reagan , ça cloche avec madame Lindfords , car elle a tendance à surjouer ces scènes ou elle entend d'outre tombe la voix de son mari .. Nullement , on ne tremble dans sa culotte , et c'est tout l'effet qui se produit en versant dans le larmoyant .. Mais vu la position aveuglée de Siegel , il n'eut pas grand chose à faire en tant que réalisateur .Ça tombait plutôt bien puis que ce film fut son bon de sortie pour la Warner qui par la suite lui permettra d'asseoir sa réputation de solide réalisateur de films d'action . Mais là , nous sommes dans une histoire ou le film tourne autour d'une femme ou tout ce qui lui arrive en terme des répercussions , l'homme jouant l'amoureux de celle-ci finira par se sacrifier pour son bien . "Night Unto Night" reste un film véritablement trop difficile à suivre dont son scénario oscille brusquement d'une scène à l'autre et manque de cohérence ... Quand aux personnages secondaires , ils ne font rien pour sauver la situation en enfonçant un peu plus le film dans le creux de la vague (oui , je l'ai fait exprès au vu de l'histoire qui se situe dans une région côtière, et une tempête tropicale éclate lors d'une séquence tendue - c'est vite dit- du film ) ; mention spécial dans le détachement à l'acteur Broderick Crawford agaçant lorsque celui-ci parle d'art et de vie ) et bien sur , contexte de l'époque l'éternel cliché sur la servante noire incarné par l'actrice, danseuse et chanteuse de théâtre Lillian Yarbo .. Manquerait plus qu'elle nous interprète du " Oh happy days" (ah oui , cette chanson n'existait pas en 1949 , mais c'est tout comme à dix-neuf ans près ^^) car dans ce film elle y incarne une petite servante quatre fois mariée, ricanante et chantante ... Merveilleux (là , c'est moi qui fait du sarcasme) !
La photographie époustouflante la mise en scène de Siegel ainsi que la musique signé de Franz Waxman ne suffisent pas à sauver ce film au peu de légende qui subsiste .