Autant le dire tout de suite, le film est nul. On comprend rien à l'histoire. J'ai déjà essayé plusieurs fois et je suis larguée au bout d'une demi-heure. C'est censé être une parodie de film de gangster mais je ne trouve pas ça drôle. L'humour est vraiment poussif ou incompréhensible.
Mais qu'importe, puisqu'il y a Song Kang-ho. C'est son troisième film, son nom figure enfin au générique (au milieu de 5 noms) et il a un temps de présence important. Si on est un fan, ce film est indispensable.
Ses apparitions sont tout simplement extraordinaires et constituent un véritable film à l'intérieur du film. Elles ressemblent même plus à un one man show qu'à un rôle; il n'a aucune scène avec Choi Min-sik et n'intervient pas vraiment dans l'histoire. Il est le héros de sa propre histoire, en parallèle de l'intrigue principale. A sa première apparition, il est présenté comme un tueur dangereux qui se trimballe avec une valise pleine à craquer d'accessoires divers, dont quelques couteaux monstrueux genre Rambo. Mais ses interventions finissent toujours en fiasco.
Au cours des apparitions suivantes, on le voit en chef d'un petit gang de 3 hommes (!). Vêtu en Puma et allongé sur son lit, il enseigne pompeusement l'art d'être gangster, et particulièrement la niaque, à ses hommes qui notent religieusement chaque parole du "maître" sur un carnet. Après une remarque d'un sous fifre, Song, vexé comme un pou, s'énerve dans des proportions homériques et va rosser l'impertinent. Mais comme il n'arrive pas à se calmer, il va continuer la leçon du jour avec un essoufflement, un bégaiement et une voix qui déraille dans les aigus totalement hilarants. La force comique de Song est sidérante et ses autres apparitions sont du même tonneau, notamment la scène de la "leçon" dans le restaurant.
Le contraste entre son visage sérieux et son personnage profondément ridicule est à hurler de rire. Ça me rappelle l'inspecteur Clouseau, mais en plus survolté. Il y a aussi quelque chose d'inquiétant, d'incontrôlable chez Song Kang-ho. Cette façon qu'il a de passer brutalement d'un calme de buddha à un déchaînement de violence animale, pour finir dans une frénésie de bégaiements douloureux et de voix hystérique lui est propre. J'aime sa folie et son imprévisibilité.
Ce personnage a fait de Song Kang-ho une vedette du jour au lendemain dans son pays et ça se comprend aisément.