J'avais très envie de le voir, sans avoir vu l'original, c'était un film attendu et qui a déçu. Les éléments horrifiques ont bien fonctionné sur moi sans apparemment être très novateurs, mais ce qui a été le plus terrorisant aura probablement été la terrible vulgarité du film.
Première partie assez convaincante, Willem Dafoe et Nicholas Hoult jouent bien, les images sont vraiment très belles et travaillées. Au fond, ce qu'il y a de grandiose dans l'imagerie développée pendant la première partie du film est miné par un le jeu peu convaincant de l'actrice principale (qui n'est pas aidée par l'écriture de son personnage) et par des ficelles narratives qui n'arrivent pas à maintenir la tension. Il y a donc un vulgaire diégétique et mimétique mais également un vulgaire thématique. On s'ennuie devant de très belles images qui sont particulièrement dissonantes avec leurs discours du désir féminin : l'appétit sexuel d'Ellen est montré d'une façon très grossière (même un peu triviale avec une scène qui peut inintentionnellement prêter à sourire) et dénote du vernis esthétique du film.
L'écriture de cette héroïne à la fois exaltée et sacrificielle ne parvient pas à montrer l'aliénation du désir réprimé dans une société apparemment puritaine et choisit une représentation sous le prisme du paradigme clinique (critique de l'hystérie). Le film ne montre jamais ce qu'il dit à propos de l'héroïne, ou ce qu'il lui fait dire à propos d'elle-même, et il apparait comme un long soliloque. Le trivial érode involontairement le tragique à cause d'une maîtrise lacunaire du sujet original du film auquel on plaque une esthétique léchée et, en réalité, peu efficace en ce qu'elle n'est pas au service d'une histoire mais d'une économie de la fiction étrangère à ses propres enjeux.