La déception. C'est bizarre et en même temps curieux cette fluctuation de la créativité dans l'industrie du cinéma, et notamment au sein du genre d'épouvante. A partir de 2014-2015, je ventais l'émergence de ces auteurs que je décrivais comme les nouveaux piliers de l'horreur moderne post-2010, les Jordan Peele, les Ari Asters, les Alex Garland, les Ti West, Valdimar Jóhannsson, Rose Glass, Jeremy Saulnier, Jaco Bouwer, David Bruckner et autres Mike Flanagan. Et évidemment Robert Eggers s'inscrit dans cette mouvance.
2014-2015 fut marqué quand même par une forme d'inflation créative et d'un enième renouvellement des mythologies occidentales. Ce qui domine surtout c'est ce choix synchronisé et collectif de créer un horreur d'atmosphère et esthétique, un horreur compétitif face aux productions d'épouvante grand public, véritables machines à jump-scares. L'harmonie chromatique et l'esthétisme épurée, le studio A24, va même en faire son identité.
Ceci n'est pas un gage de qualité avéré et Nosferatu en fait l'amère expérience, tout comme le lamentable Beau is afraid. Beaucoup de manipulations visuelles pour pas grand chose. En fait, il n'y a rien à craindre dans ce film, ni le ton, ni l'image, ni le son, ni les répliques. Ni les possédés, ni même Nosferatu plus hésitant qu'un pied dans l'eau froide, plus effacé qu'un fantôme dans une pièce vide.
Flanagan a déçu. Aster a déçu. Eggers aussi. Sommes nous dans la pente descendante après 10 années de renouveau ou est-ce un style émergeant, sorte d'Elevated Fake Horror à la con ? Je ne l'espère pas.
Bref. C'est la décadence : https://www.youtube.com/watch?v=LNR_lseFi_I&ab_channel=ScreenyTV