Comment passer à côté de Nosferatu ? Certainement l’un des films les plus médiatisés de l’année 2024 de par toute la hype que le cinéma de Robert Eggers génère depuis quelques films (The Lightouse, The Northman), et le moins qu’on puisse dire c’est que Robert n’a pas déçu…
Premièrement, Nosferatu ne trahit pas sa nature qui est d’être avant tout, un conte… Le rythme de croisière est bon et ne traîne pas de longueur. On cerne l’histoire assez vite mais de vrais moments de suspens sont malgré tout instaurés. J’ai vraiment eu l’impression d’un déroulé de l’histoire à la bonne fréquence, avec les péripéties arrivant au bon moment, des personnages qui connaissent tous un développement abouti et qui leur est propre… Peu de personnages, pas de chichis, des lieux bien définis mais sans s’étendre d’avantages, ça va droit au but… Au final, c’est simplement une histoire comme ce qu’il se fait de plus banal, et c’est génialement réussi.
Secondement, Robert Eggers… L’empreinte visuelle apportée par le réalisateur est absolument magnifique. Le travail de la photographie est remarquable avec une montagne de plans iconiques sous tous les angles (plan épaule, plan d’ensemble, gros plan). Le style baroque / Allemagne 1800 rajoute un grain bien morbide. L’obscurité est omniprésente tout du long et nous plonge nous aussi spectateurs dans ce théâtre horrifique. La réalisation, sobre et minimaliste comme à son habitude, sert le récit, l’oeil a envie de s’arrêter sur quasi chaque plan pour en capter la substance, de l’arrière plan aux expressions faciales, tout donne envie d’être scruté.
Puis l’ambiance globale… Déjà minute 1’ du film j’ai cru que j’allais faire une syncope, ce qui ne m’a pas lâché jusqu’au bout du film. Le film baigne dans une tension perpétuelle ou, à l’image du comte Orlok, on sent le mal approcher, planer, mais on ne le voit pas… Certes j’ai la tension facile, mais chaque fois que ce fumier de Nosferatu est à l’écran il y a quelque chose qui se passe, sa dégaine absolument monstrueuse et crasseuse, ça réveille quelque chose en nous et rare sont les moments où ses apparitions ne se ponctuent pas par une dinguerie, accentuant le danger qui plane autour de lui…
Pour clore le sujet, énorme shout-out à Lily Rose Depp pour une performance iiiiiiiiincroyable. Complètement habitée par son personnage, des états de transe qui glacent le sang… Sensationnel !
Enfin bref, Nosferatu de Robert Eggers est, pour les amateurs du bonhomme, un petit bonbon à consommer. D’un régal pour les yeux en passant par une histoire qui ne trahit pas sa fonction première que d’être un simple conte, le film est délectable. Pas un film d’horreur mais une histoire horrifique, à méditer et apprécier.