Dans les ruelles populaires d'un quartier de Naples -Sanita- où ne s'aventurent pas les touristes, Felice est revenu après quarante ans d'absence ou de fuite.
Il déambule dans les ruelles qui n'ont quasi pas changé et sont toujours parcourues par les adolescents à motocyclette.
Une dernière visite à sa vieille mère qui va mourir puis Felice va rencontrer quelques personnes marquantes, un vieil ami de sa mère et surtout un prêtre très engagé dans la vie de sa paroisse pauvre et des jeunes désœuvrés pour qu'ils ne tombent pas du mauvais côté.
Car le quartier est gangréné par la Camorra et un vieux parrain brutal avec lequel Felice était ami dans sa jeunesse.
Car le vrai but du retour de Felice est de retrouver cet Oreste pour s'expliquer sur leur passé commun, même s'il y a là une forme de naïveté.
C'est cette quête qui est le moteur du film, au format carré et aux couleurs très sombres, dans la forme et le fond.
Felice incarné justement par Pierfrancisco Favino, avec sa gueule, est ambigu dans la quête obsessionnelle de son ex ami. Il ne veut pas entendre les mises en garde répétées qui lui disent de fuir.
Son destin va s'accomplir.
Mais dans cet univers là il n'y a aucun espoir.
J'ai apprécié ce film très sombre qui montre une Italie contemporaine qui n'a pas changé dans ce qu'elle a de mauvais. Par moments, j'ai pensé à l'univers napolitain pauvre d'Une amie prodigieuse. J'ai également perçu des références à Rossellini et à Pasolini.