Sofia 1941. Un groupe de jeunes communistes résistants est sur le point d'organiser des attentas contre les occupants nazis. Dimo et Veska, qui ne se connaissaient pas avant de rejoindre le groupe, vont vite tomber amoureux. Est-ce à cause de cela, par maladresse ou par inattention, que leurs projets ne vont pas aboutir ? Le responsable de la section doute de leur motivation et s'interroge sur leur fiabilité. Pourra-t-on leur confier de nouvelles missions ? Que vont-ils devenir ?

Il s'agit du deuxième film de la réalisatrice Binka Jeliaskova, le précédent tourné quelques années plus tôt ayant été interdit par la censure (le PC soviétique). Nous étions jeunes (même titre en bulgare) apparaît comme un hommage au courage de la jeunesse communiste pendant la dernière guerre. Le style - une sorte de néoréalisme d'Europe de l'Est - est très travaillé (noir et blanc soigné avec effets d'ombres et de lumière, travellings avant ou arrière parfaitement maîtrisés, gros plans très réussis sur les visages, séquences métaphoriques avec les oiseaux).

Mais derrière ce travail sérieux, ne peut-on pas trouver autre chose ? Quand la jeune photographe dit "tous les gens sont blancs et noirs" et que c'est en s'exposant quand se révèle, n'est-ce pas une critique à peine voilée des institutions ? Le doute qui se transforme en suspicion puis en condamnation peut aussi renvoyer aux périodes sombres du communisme stalinien. Sans vouloir trahir la fin du film, il est clair que B. Jeliaskova montre de façon à peine voilée comment le parti instrumentalise la fougue et la naïveté de la jeunesse. Si deux jeunes disparaissent, on saura bien trouver deux autres pour les remplacer.

Après la séance, j'ai eu la chance de participer à une très intéressante discussion menée par un professeur de cinéma. Elle m'a beaucoup aidé à comprendre le contexte dans lequel la réalisatrice a travaillé.

Un film que tous les cinéphiles curieux aimeront.

Jihel
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le 23 juin 2023

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