Pour fêter le 10ème anniversaire de la révolution de 1917, l'État commande une oeuvre à Sergueï Eisenstein, ayant pour but de glorifier la chute du tsar et la mise en place d'un État communiste.

C'est au bout de ma cinquième expérience avec le cinéma de Sergueï Eisenstein qu'arrive ma première (légère) déception... Et pourtant "Octobre" faisait partie de ceux qui m'intéressaient le plus, notamment pour son rapport avec le livre "10 jours qui ébranlèrent le monde" de Jack Reed et toute la fascination que l'on peut avoir autour de cette révolution par le peuple, l'armée et les ouvriers contre l'ordre établi et la dictature tsariste. Mais j'ai malheureusement eu l'impression de voir une succession d'images fortes plutôt qu'un film avec une vraie ligne directrice

Mais quelles images ! La force du film se trouve principalement ici où "Octobre" est sublimé par le sens de la mise en scène d'Eisenstein. Usant avec brio des nombreux décors et figurants qu'il avait à sa disposition, il donne de la puissance et de la force à ces images et symboles et retranscrit la folie et la tension qu'il y avait lors de ces jours qui allaient bouleverser le monde. Mais c'est une folie qu'il ne maîtrise pas toujours et j'ai eu l'impression que le film s'éparpillait un peu, qu'Eisenstein ne savait pas forcément quoi et qui mettre en avant, si ce n'est l'idée du bien-fondé de cette révolution et l'héroïsme des protagonistes.

Mais à nouveau, c'est dans l'esthétisme et ses images qu'Octobre puisse sa force. Usant de nombreux plans larges, Eisenstein capte magnifiquement toute cette foule souhaitant se libérer des chaînes du tsar. Le montage est rapide, (peut-être un peu trop) et tout s’enchaîne assez vite, sans forcément avoir le temps d'approfondir certains personnages-clés, à l'image d'un Lénine, pourtant très bien interprété par un ouvrier. Mais malgré tout, c'est le positif qui l'emporte, notamment grâce à ses scènes mémorables que ce soit les manifestations, les discours ou les images d'objets manipulés par Eisenstein...

Finalement un peu déçu, notamment en comparaison d'autres œuvres de l'auteur d'Ivan le Terrible, "Octobre" n'en reste pas moins d'une force et d'une puissance rares, notamment grâce au sens de la mise en scène d'Eisenstein qui livre là des images inoubliables et le témoignage d'un grand talent mis au service d'une URSS alors en construction.

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le 15 mars 2015

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Docteur_Jivago

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