Odiyan est un film de langue malayalam réalisé par V.A. Shrikumar Menon avec le charismatique acteur, producteur et chanteur Mohanlal, dont la seule apparition à l’écran déclenche des chants en forme de louange. Une montagne de muscles qui pourrait aisément intégrer une équipe de rugby britannique en mode demi de mêlé qui change des habituels bellâtres classieux dont nous abreuve fréquemment le cinéma indien.
Le film est plutôt bien réalisé. Visuellement, il a l’avantage de magnifiquement mettre en avant les splendides paysages du Kerala, état du sud de l’Inde. De ce côté, c’est une réussite absolue. C’est même dans ce registre que le film brille, enchaînant de splendides travelings avec un éclairage high-tech et des scènes à la teneur quasi mystique, quand apparaît le personnage d’Odiyan Manickyan, un homme mystérieux qui possède des talents de magicien, revenant du village duquel il fût jadis chassé, accusé de pratiquer la sorcellerie.
Il apparaît comme une sorte de messie, personnage taciturne et mystérieux, dans une scène filmée dans la célèbre cité de Varanasi où il porte secours à une femme entrain de se noyer. On éprouve d’emblée une sorte d’empathie pour cet homme aux apparats altruistes et généreux. Ce qui ne semble pas être le cas des habitants du village dans lequel il revient après de nombreuses années d’exil, qui eux, éprouvent de la peur et de la méfiance à son égard.
Alors ce n’est pas du côté du réalisme que le film présente ses aspects les plus intéressants, mais dans cette sorte de mystère permanent qu’instillent les apparitions de ce personnage que le film tente de définir, usant de flashbacks permanents, oscillant entre folklore régional et conte fantastique.
Chaque apparition du personnage de Manickyan est constituée d’extravagances qui pourraient sombrer dans le ridicule si la capacité du réalisateur à mystifier la teneur des ses actes n’était pas l’apanage principal du film. Grâce à une photographie de grande qualité et une mise en scène soignée, V.A. Shrikumar Menon, parvient à nous tenir en haleine jusqu’à un dénouement final prévisible et extravagant qui confère à son ouvrage des apparats de conte mystique. Une curiosité.