Les vilains crapauds de la campagne et la femme moderne que la liberté dérange
Ce film est très intéressant mais par ce qu'il montre malgré lui plus que pour le schéma de la vengeance pour les fans de l'horreur et du gore.
En fait le film prend le parti de l’héroïne face à ses agresseurs, ce qui est légitime et que j'encourage, mais pour mieux défendre ça il installe le terrain de façon malveillante malgré ses intentions de charité. Il montre que les mecs sont de gros pouilleux de campagnards, ne comprenant pas comment fonctionne le monde en-dehors de chez eux et s'en faisant donc une idée caricaturale. Eh bien je retourne cette idée dans le sens du scénariste : lui apparemment se fait une idée bien particulière de la ruralité qui serait peuplée de gens attardés et sales.
Par contre, la jeune fille est flattée. C'est une belle femme venant de New York, elle est indépendante et elle travaille dans un milieu dit créatif. Traduit normalement, cela signifie que c'est une allumeuse (et une femme pas très consciente de ce qu'elle fait, qui passe son temps en bikini entre deux pages noircies - paye ta crédibilité, sauf si bien sûr c'est pour écrire dans Marie Claire ou la bibliothèque rose), fière d'enchaîner les mecs (je suis d'accord avec ça, mais dans ce cas pourquoi culpabiliser les hommes avec leurs pulsions ?) et qu'elle écrit des nouvelles de pouffe pour la presse féminine.
A un moment on l'entend penser ce qu'elle écrit et la on dirait le pire de Sartre qui pense que trois mots ampoulés font un concept. C'est vraiment de la merde. Pourtant le film continue de la valoriser et on reste dans cette vision propagandiste où une jeune femme que les médias nous vendent comme libérée et autonome (or le résultat est qu'elle fait de la merde et moralement et dans son art de vivre comme de travailler) est rattrapée par les méchants mâles en rut qui sommeillent dans les campagnes profondes ou la lumière n'a pas été apportée. Je trouve ça douteux permettez-moi.