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le 5 avr. 2016
SuivreCritique de Olé ! par Dany80090
une moyenne bien basse pour ce film, le DVD traînait sur ma bibliothèque depuis plus d'un an et une fin de dimanche je me suis attelé au visionnage, sans trop d'espoir de détente. En plus je...
L’affiche exotique est symptomatique : voici une nouvelle comédie sur les “pays étrangers“, à peine abordés dans les faits, & dont les personnages font semblant d’assumer qu’ils ne maîtrisent pas la langue. Quentin, forte d’avoir été la scénariste de La Vie est un long fleuve tranquille, a choisi d’opter pour le maximum de piliers possibles en matière de déjà-vu : le beauf cuistre, la mégère hypocondriaque, le gentil qui se fait avoir, une femme compréhensive mais caractérielle & un petit chien pour décorer : tout est enfermé, quoiqu’une grande bonne volonté pétrit tout ça à peu près bien.
Olé! se laisse regarder grâce à Elmaleh qui virevolte entre ses scènes pendant plus d’une demi-heure, parfait chauffeur-valet à qui il sied d’être ultracompétent. Mais la comédie de genre a dit non : il fallait que Depardieu se détachât du serviteur pourtant attachant afin de distiller l’antagonisme ; l’acteur flotte vaguement dans cette coquille trop grande pour lui & Elmaleh y perd de sa superbe.
La faute du film repose peut-être en grande partie dans ce glissement d’une notion vers l’autre, qui prive soudain le spectateur de ses repères, même réchauffés (la secrétaire angoissée était très bien, on reconnaît d’ailleurs en elle ce que Quentin faisait de mieux pour Chatiliez), & qui le condamne à des tentatives de plus en plus médiocres de convenir à une audiencequi n’aura finalement que faire de cette soupe scénaristique s’hispanisant longtemps dans le vide.
Quentin a laissé quelques traces d’une volonté de faire quelque chose qui n’a pas abouti. Pourtant elle finit elle-même par réduire Golino au silence, elle qui avait, en plus d’une prononciation espagnole parfaite, cent fois la possibilité & le talent de remettre les pieds sur terre à tout le monde, & en premier lieu à Elmaleh, son mari dans l’histoire qu’elle regarde se noyer dans des absurdités évacuées de moins en moins efficacement par le rire.
On entrevoit, par l’embrasure de beaucoup de portes refermées sur les bonnes idées, une entreprise plus grande qui en valait la peine avant d’être écrasée par le standard.
Créée
le 18 févr. 2020
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