Nous voilà embarqués dans une retraite en Algérie au côté de deux anciens délinquants, Omar (Reda Kateb) et Roger (Benoît Magimel), qui s’adaptent à leur nouvelle vie en prenant soin de ne pas se faire remarquer. Mais la vie de bandit, les villas de luxe et l’amour de l’argent, c’est toute la vie d’Omar et Roger qui trouvent alors de nouvelles combines pour s’en sortir, plus ou moins légales. Tout l’intérêt du film repose sur la notion de retraite, sur l’acceptation d’une nouvelle vie loin de l’ancienne, dans un pays aux racines complexes.
Sorte de déambulation insulaire au cœur des problématiques du magnifique décor qu’est l’Algérie, “Omar la fraise”, avec son titre original, fait la part belle aux deux acteurs principaux. Le lien qui unit le duo repose sur des valeurs morales et un grand respect ; se faisant, le film est un excellent film de gangster qui offre quelques envolées lyriques, une romance nécessaire et surtout un humour ravageur. Reda Kateb n’a jamais été aussi hilarant, et Magimel enchaîne les rôles avec charisme et brio, étendant un peu plus son aura légendaire sur le cinéma français.
Au-delà de cet aspect, se noue entre les personnages et le spectateur un certain accord tacite, diriger par les bons et mauvais choix qu’opère Omar et qui tout au long du film, montre un homme en quête de repères et d’un but dans la vie. Impossible dès lors de ne pas adhérer à ce “Omar la fraise” au récit singulier et attachant.