On the Rocks est un film qui m’a laissé un peu partagé. Il y a quelque chose de très plaisant dans cette promenade new-yorkaise en compagnie de Bill Murray, toujours aussi irrésistible dans ce rôle de père à la fois envahissant, drôle, et vaguement mélancolique. Il dégage un charme un peu fané, une élégance désinvolte, et c’est clairement lui qui tient le film sur ses épaules.
J’ai aimé cette dynamique père-fille, ces conversations de fin de soirée, cette ambiance douce et feutrée où rien ne déborde vraiment. C’est léger, presque trop. Rashida Jones est juste, mais son personnage reste en retrait, comme si le film lui-même hésitait à la laisser exister pleinement. L’intrigue autour du mari infidèle n’a jamais vraiment suscité de tension, mais je suppose que ce n’est pas le sujet. Ce que Coppola filme, c’est le doute, le désenchantement tranquille, cette manière qu’on a parfois de chercher des réponses dans les mauvaises directions.
Visuellement, c’est beau, sobre, élégant. New York y est filmé avec tendresse, presque comme un décor intérieur. Mais à force de retenue, le film finit par manquer un peu de relief. On sourit souvent, on est touché par moments, mais il reste une impression que tout cela aurait pu aller plus loin, être un peu plus mordant, un peu plus vivant.
Un film agréable, souvent drôle, parfois touchant, mais qui semble refuser toute intensité, même modeste. Une œuvre mineure dans la filmographie de Coppola, portée par le charme intact de Bill Murray, mais trop évanescente pour vraiment laisser une trace.