Un documentaire assez bien réalisé qui déroule en parallèle une série d'expériences de vie dans la veine chère à Netflix. On n'en apprend pas des tonnes sur la communauté hassidique, et l'ensemble des révélations pourrait être résumé en une phrase ou deux : la communauté est hermétique, repliée sur elle-même, basée sur l'entraide et les relations de voisinage, les femmes sont soumises à leur mari et considérées peu ou prou comme des femelles reproductrices, enfin il est à peu près impossible d'en sortir si ce n'est seul au monde, sans argent, sans travail et sans relations.
Le film répète ce même motif trois ou quatre fois, au nombre de ses protagonistes principaux que l'on voit dans leur vie d'après, essayant de se reconstruire, ou de se construire tout court. L'expérience de la femme divorcée est la plus forte car ayant des enfants (en grand nombre, comme chacun l'imagine), l'enjeu du partage de leur garde a été l'occasion d'un affrontement juridique et moral contre l'ensemble de la communauté, et l'empêche encore de s'éloigner tant géographiquement que mentalement de son mari et de ses anciennes relations.
Un reproche facile à exprimer à l'encontre de One of Us est que la parole d'en face, celle de la communauté, n'est pas ou prou représentée. Un rabbin local s'exprime à deux ou trois occasions dans la deuxième partie, mais son discours a la malice dérangeante de ceux qui semblent exprimer ce que leur interlocuteur (en l'occurrence l'équipe du film et par extension nous, les spectateurs) veut entendre plutôt que le fond de leur pensée.
Pour nous autres, élevés au cœur de la société libérale laïque, enfants des rêves éveillés de la liberté et de la consommation, voir des gens essayer de sortir d'une telle communauté, quel qu'en soit le prix, semble finalement tout naturel (aussi difficile que cela fût). Comprendre ceux qui y restent, qui la défendent et qui surtout rejettent notre monde, celui de l'individualisme, de la promesse du progrès éternel et des dimanches passés devant Netflix, est un tout autre défi que One of Us se garde bien de relever.