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Ce qui imprime, durablement, dans ce 3e film du petit génie hongrois, c'est tout d'abord la photographie signée Mátyás Erdély. Si le film s'échappe de ses scories de scénario (qui, à force de se concentrer sur la haine sans nom de son jeune personnage oublie d'élaborer une structure narrative autrement que par la mise en scène seule), c'est grâce au brio tout hongrois de la réalisation (dans tous ses aspects esthétiques).
Reste que le mauvais accueil critique du film et son échec cuisant en salle (12 000 entrées seulement en 8 semaines) sont injustes au regard de la réussite véritable d'Orphelin. Le film dispose d'au moins 3 qualités mal perçues à sa sortie :
1/ la manière dont il se situe dans la filiation d'un sous-genre du cinéma d'Europe de l'Est d'après-Guerre : ces portraits d'enfant qui servent de prétexte détourné (comme dans le cinéma iranien de la Révolution) pour sonder un zeitgeist.
2/ Nemes dresse le portrait de Budapest après la libération des camps et ce qu'il reste d'un antisémitisme sourd et d'une société encore fracturée, que la communisme n'a pas suffi à cautériser
3/ si Nemes compte, sans conteste, en 4 films seulement, comme l'un des plus grands cinéastes européens en activité, c'est parce qu'il sait orchestrer les signes, entre frontalité et plurivocité, entre beauté du signe et vilenie du sens (jusqu'à cette étoile finale qui illumine une grande roue, dans toute la puissance polysémique du symbole).
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Créée
le 2 août 2026
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