L'existence paisible d'un riche industriel colérique vole en éclats lorsqu'un comptable audacieux débarque à son domicile pour lui extorquer une augmentation, tout en confessant l'avoir volé et en demandant la main de sa fille. S'ensuit une journée infernale, rythmée par le carrousel incessant de trois valises identiques contenant billets, bijoux et sous-vêtements.
Un modèle absolu de mécanique vaudevillesque transposé au grand écran. Porté par un découpage au scalpel d'Édouard Molinaro et par les décors fonctionnels sur trois niveaux de Georges Wakhevitch, le film transforme une structure théâtrale resserrée en véritable marathon burlesque. Louis de Funès y livre une performance d'une élasticité phénoménale, merveilleusement secondé par le flegme ironique de Claude Rich et le jeu parfait de Claude Gensac. Le rythme ne faiblit jamais.
Avant de devenir ce classique du cinéma populaire français, avec près de 6 millions d'entrées, Oscar était une pièce triomphale que Louis de Funès avait déjà jouée des centaines de fois sur scène dès 1959. Sur le plateau de tournage, les relations entre le comédien et Molinaro furent particulièrement tendues : le réalisateur souhaitait imposer un cadre formel strict, tandis que De Funès exigeait une liberté d'improvisation totale pour ses mimiques.