Un crime est un crime, même en temps de guerre. C'est ce principe majeur que défend "Outrages".
Depuis 1969 et un article choc, Brian de Palma bouillait de traiter un épisode scandaleusement authentique de la Guerre du Vietnam. Il concerne cinq G.I.'s dénaturant dans l'horreur ce qu'on appelle "le repos du guerrier". Dans un village, le sergent fait capturer une jeune fille pour la consommation sexuelle du groupe ! Un seul soldat s'insurge, refusant de participer à son viol collectif dont la bestialité est difficile à supporter, sur l'écran. En plein combat contre des Vietcongs, elle est poignardée, achevée au mitraillage pour la réduire au silence, par les quatre G.I.'s bourreaux ! Au péril de sa propre vie, le bon soldat cherche ensuite à envoyer les autres en cour martiale...
Plus jamais çà ! La mauvaise conscience collective américaine ne pourra sans doute pas être illustrée de façon plus obsessionnelle. Cinéaste souvent porté à l'excès, De Palma n'a pas eu besoin d'en rajouter pour que les images hantent longtemps après le mot Fin. Sa mise en scène dissèque actions abominables et réactions honorables avec virtuosité. Telle la scène du rapatriement en hélico de celui qui a préservé son âme au nom de la morale, du code de l'honneur militaire. Le gentil visage de Michaël J. Fox ("Retour vers le futur") et son talent servent bien le personnage. Le manichéisme hollywoodien a, par contre, amené Sean Penn à outrer son jeu pour être le sergent paranoïaque. Rôle pénible pour la jeune et inconnue Thuy Thu Le.
"Vous, les Français, êtes étonnamment amnésiques à propos de l'Indochine et de l'Algérie", a osé dire Brian de Palma au Festival de Deauville de l'époque.
On ne peut même pas trouver çà... outrageant !