Parmi ses multiples visionnages le cinéphile trouve au mieux des films sympathiques, au pire des navets désolants. On tombe rarement sur une vraie pépite. C’est le cas ici avec cet « Overlord », long métrage méconnu, malgré un prix spécial du jury à Berlin en 1975.
Le film fait le portrait d’un jeune anglais ordinaire, appelé dans une guerre qui le dépasse. A peine sorti du nid, il n’a pas le temps de vivre pleinement sa jeunesse avant d’être sacrifié pour l’intérêt général. Enrôlé sur l’une des missions les plus importante de la seconde guerre mondiale, l’opération Overlord.
Le film est donc partagé entre le portrait intime de ce jeune homme et des images d’archives qui rendent comptes des horreurs de la guerre. On passe donc de l’élégie poétique au massacre de masse, de l’intime au grand carnage. Le ton est donc à la contradiction, pas d’héroïsme ici, beaucoup de doutes. Si l’amour apparaît furtivement le temps d’une soirée, c’est pour hanter le jeune soldat et ne plus le quitter au moment fatidique, certains qu’il est de sa propre mort. En dehors de sa grande beauté formelle, accentué par la belle partition de Paul Glass, « Overlord » est une désarmante réflexion sur la guerre ainsi qu’un parfait contre point au manichéisme guerrier du « Jour le plus long ».