Padre Padrone est à mi chemin entre une œuvre documentaire et une œuvre de fiction. Documentaire d’abord, car elle retrace avec des détails parfois troublants, l’histoire vraie d’un jeune berger sarde retiré du cycle scolaire par son père, dans le but de subvenir aux besoins familiaux. Fiction ensuite, grâce notamment à l’utilisation intelligente des sons et de la musique.

Ainsi, on a affaire par exemple aux états d’âme d’un mouton qui refuse d’être trait, et à d’autres émotions qui passent par la musique telle une valse de Strauss qui jaillit à la tête du père, tel un coup de poing, dès qu’il comprend que son fils lui échappe. En effet, le fils, solitaire, puisque reclus dans les montagnes de Sardaigne depuis son enfance n’à qu’une seule envie : s’affranchir de sa condition, et surtout de l’autorité du père qui l’empêche d’être celui qu’il voudrait.

Il y parviendra, et deviendra professeur de linguistique avant d’écrire son autobiographie dont est tiré ce film.

La réalisation des frères Taviani ne manque pas non plus d’inventivité dans le montage, notamment dans la magnifique mise en abîme du personnage de Gavino, le fils berger qui apparaît en personne (le vrai, celui dont l’histoire est tirée, et qui introduit le film) pour tendre un bâton de berger à celui qui joue son père.


Tournée à l’origine pour la télévision italienne, Padre Padrone se fit remarquer internationalement en recevant la Palme d'Or du festival de Cannes 1977 des mains de Roberto Rossellini.

On ne peut d'ailleurs que remarquer les influences du réalisateur de "Paisà" et "Rome, ville ouverte" sur les deux jeunes réalisateurs.

Korleone
8
Écrit par

Créée

le 29 nov. 2024

Critique lue 12 fois

Korleone

Écrit par

Critique lue 12 fois

D'autres avis sur Padre padrone

Padre padrone

Padre padrone

6

cadreum

1062 critiques

À parler plus fort que le père. À parler malgré le père. À parler au lieu du père.

Il y a des films qui ne vous accueillent pas. Des films sans poignée, sans seuil, sans promesse de chaleur. Il vous prend à rebrousse-cœur, vous jette dans une brutalité sèche, presque ingrate, où...

le 29 mai 2025

Padre padrone

Padre padrone

8

zardoz6704

2445 critiques

Le mauvais génie des alpages.

Itinéraire d'un fils qui, jusqu'à l'âge adulte, doit vivre analphabète, sous la coupe d'un père violent, alors qu'il découvre progressivement une vocation pour l'étude. Le film est violent, mais pas...

le 22 août 2018

Padre padrone

Padre padrone

8

Cinemaniaque

1320 critiques

Critique de Padre padrone par Cinemaniaque

Palme d'Or en 1977, Padre Padrone est peut-être, de tous les films des Taviani, le plus touchant mais aussi le plus représentatif de leur cinéma tant il évoque avec grâce leur cinéma sans jamais...

le 21 oct. 2012

Du même critique

Salade grecque

Salade grecque

9

Korleone

259 critiques

Critique de Salade grecque par Korleone

Quand j'avais 19 ans, j'ai découvert l'Auberge espagnole et je suis tombé amoureux de ses personnages hauts en couleur. J'ai suivi leur évolution au fil des suites et chaque retrouvaille était un pur...

le 15 avr. 2023

Mother Mary

Mother Mary

8

Korleone

259 critiques

There’s Something About Mary

Après A Ghost Story que j'avais bien aimé, je retrouve David Lowery dans Mother Mary: Moins contemplatif, on reste malgré tout dans un cinéma de la métaphore et du symbole: la célébrité, sorte de...

le 20 mai 2026

Mister Nobody contre Poutine

Mister Nobody contre Poutine

5

Korleone

259 critiques

Fragments de récit

Mister Nobody Contre Poutine m’a laissé partagé: On sent la proximité, le regard quotidien sur les enfants et enseignants face à la propagande militaire. On sent également le courage de ceux qui...

le 8 févr. 2026