Palmer, d'abord, ça commence bien.
Malgré le résumé qu'en font tous les sites spécialisés, la principale caractéristique du petit Sam n'est pas tant qu'il ait une mère junkie - on a vu ça cent fois - mais clairement qu'il est efféminé, qu'il l'assume et qu'il ne voit pas bien où serait le problème dans sa communauté de bons gros virilistes blancs.
Le début du film est donc une petite succession de moments délicieusement drôles de ce garçon qui assène sa vérité aux autres avec un aplomb formidable.
Alors on se dit que la réaction d'un ex-détenu coupable d'un meurtre sera d'autant plus forte lorsqu'il sera confronté à tout ce qu'il n'est pas.
Et là, Palmer déçoit.
Certes, Justin sort de prison et ça l'a certainement beaucoup changé. Néanmoins, il a encore certaines convictions chevillées au corps et face à Sam, c'est bien celles-ci qu'il était intéressant de démonter une à une. Or, ce masculinisme, la scénariste décide de la réserver surtout au reste du village et pas vraiment à Palmer.
Le propos du film s'affadit alors. On aurait pu voir ces deux personnages s'affronter, l'un tentant de "guerir" l'autre, l'autre se défendant d'être lui-même, l'un prenant conscience que sa violence n'est pas fondée face à un autre désarmant de tendresse et de sincérité.
Au lieu de ça, nous assistons progressivement à un festival de mièvreries où les deux personnages font très rapidement attention l'un à l'autre, se ménagent, s'aiment et se protègent si le reste du monde les attaque.
Mais comme si tout cela ne suffisait pas, Palmer finit par irriter.
Parce que bon, comme tout bon garçon efféminé qui se respecte, il a des parents défaillants, donc ici une mère junkie et un père absent.
Le film va alors petit à petit créer une échelle de valeur à qui est le plus à même d'élever un enfant possiblement rejeté par la société. Manifestement une mère junkie, c'est donc pire qu'un ex-détenu capable de défoncer la gueule du premier venu, on doit donc s'émouvoir de voir Justin tout faire pour retirer la garde de Sam à sa mère.
Autant vous dire que la fin est évidemment assez convenue et que j'ai passé la dernière demie-heure sur mon téléphone pour éviter de m'énerver.
Restera face à ce gâchis la présence de ce jeune garçon, Ryder Allen, qui aura su m'émouvoir et me faire sourire malgré tout.