Défiant l’écrasement du féminin et l’escamotage du corps, dans les plis du voile réinventé exultent la résistance et la rage de vivre. Si le film n’évoque que très partiellement une situation politique très complexe dans ces années 90, et reste assez démonstratif côté mise en scène, la réalisatrice met en relief de beaux portraits de jeunes filles et leur soif de liberté… Il m’a fait pensé à Mustang avec cette moralisation et négation du corps de la femme, différentes formes de l’oppression et les violences ordinaires qui y sont associées. Ici, le défilé de mode n’est qu’un prétexte, le voile (Haïk) devient une métaphore de cette émancipation et de leur désir de vivre , la résistance à l’intégrisme , malgré les larmes, les drames. Il s’agit de célébrer la liberté des femmes justement à travers un vêtement au départ destiné à camoufler toute féminité, qui va être détourné pour affirmer et sublimer leur féminité .De belles scènes , autour de la confection de ces robes , le jeu de matières, les mais habiles qui transforment le voile en présence vivante et frémissante du féminin.