Paradise
6.4
Paradise

Film de Jérémy Comte (2026)

Pour commencer, en signe de bonté, je donne un point positif, qui est que le film ne soit pas trop long. Il dure pile poil ce qui reste acceptable. Passée cette durée je n’imagine pas ce que j’aurais pu faire.


Dès les premières secondes du film, de toute façon, j’avais senti que ça n’irait pas. On ouvre sur cette bande d’annonce sombre, sur de la musique mystérieuse, avec une voix chuchotant mystérieuse, et on comprend qu’il y a une histoire d’accident de bateau et de capitaine américain sauvé par un autochtone. Tout cela très bref, raconté avec une mise en scène lourdingue, de manière grossière, qui me fait resurgir des images horrifiques du début du très mauvais blockbuster français adapté du livre de Dumas, j’ai nommé le Comte de Monte-Cristo. Et alors le truc du bateau, c’était à prévoir vu la manière dont c’est amené, qu’il allait en faire tout un pataquès pour un truc si peu important dans l’histoire. Ça revient 2 ou 3 fois avec les mêmes plans et la même mise en scène terrible de bande d’annonce.


Maintenant, parlons quand même de l’histoire. Une histoire sur l’opposition entre un jeune Ghanéen et un jeune Canadien dont leur destin va se croiser de manière fortuite, si je puis dire. Le film est divisé en 3 parties, mais à la fin de la première tout a été dit ou fait. Est-ce que je résume ? Je sais pas si y en a besoin vu qu’il ne se passe pas grand-chose, mais surtout ils n’ont rien à raconter et là est le pire.


Après le bateau, donc reprenons, on découvre le protagoniste du Ghana nommé Kojo qu’on va voir enfant, puis grandir et passer à ado puis jeune adulte, et déjà là je me pose des questions. Pourquoi tout ça ? Pourquoi aussi le rapport avec son père qui va ensuite disparaître, et regarde le traumatisme, et puis c’était lui, l’histoire du bateau, qui va inspirer Kojo pour scammer la daronne du jeune Canadien Toni qu’on va suivre jeune adulte en train de skater avec des amis, fumer et consommer d’autres substances. Cette opposition est tellement grossière, comment ne pas dire là qu’il y a du misérabilisme ? Regarde le Ghanéen n’a rien, mais regardez le Canadien, lui est perdu dans la vie. Tout ça avec notre mise en scène lourdingue, suppléée constamment d’une musique de fond insupportable. On ne s’en passe très peu, car notre cher réalisateur qui n’a pas beaucoup d’idées ne sait pas non plus véhiculer l’émotion par l’image.


Toujours durant la première partie, le scam arrive. Chantal envoie 40 patates au Ghana à son chum, l’amour de sa vie, qu’elle n’a jamais vu. Étant donné la construction du récit, ce n’est pas très surprenant vu qu’on alterne déjà entre Canada et Ghana et l’on se demandait juste comment leur destin allait se croiser.


Enfin voilà, j’ai fait le tour. Ce qui suit n’est pas intéressant, dû au fait surtout qu’il ne se passe absolument rien. On étire le récit, on cherche des trucs à raconter. Maintenant le scammer aurait du remords et Toni, le fils de Chantal, va vouloir se venger, et puis il y a des parties que je confonds déjà tellement elles sont vides.


Chantal semble à peine affectée par la perte de 40 000$ et finalement la vie continue. C’est quoi 40 000$ ? Elle doit de l’argent à sa famille mais elle à peine l’air inquiète on ne ressent très peut la redevabilité et la honte qui devrait peser lourd, il y a très peu de démarches a pars aller voir la banque, on sait même pas si elle a porté plainte ou sont les répercussions hormis le fait qu’elle semble juste triste. Ça ne semble pas être un combat. 


Qu’y a-t-il encore ? Ah oui la fin, c’est pas un scandale vu que c’est la continuité d’un manque d’idées. Je passe les détails, mais le Canadien arrive au pays de Kojo, qui veut le rencontrer (il pensait voir Chantal je crois) car lui s’est attaché à son customer, son iencli, mais finalement celui-ci tente de lui tendre un piège avec la police, sauf que notre cher scammer attaché à Chantal avait prévu le coup et ça se retourne alors sur Toni qui est capturé. Et là, on a la confrontation tant attendue (je rigole) entre un enfant du Ghana et un du Canada que tout oppose, on dirait pas. Et là, il lui propose de devenir scammer. L’autre refuse, dicté par sa sainte morale, mais en plus il ose critiquer les agissements des voleurs.


Et c’est alors nous, spectateurs, qui nous mangeons une belle morale. Oui, mais au Ghana on a pas le choix, la misère, pas de travail, rien à manger, et toi, de ton pays riche développé qui n’a jamais manqué de rien, tu nous critiques. Voilà le fin mot. On a échappé à la catastrophe complète car heureusement le Blanc ne sauve pas le Noir, mais juste la réalité d’un Américain est confrontée à celle d’un Ghanéen. Dit comme ça, ça paraît bien, mais dans la manière dont c’est raconté, c’est insupportable. Et puis si l’histoire était finie, très bien, mais nan, s’ensuit de la confrontation que Toni s’enfuit. On a alors une course poursuite et pour finir sur un drame. Pour s’enfuir Toni vole un scooter qui était cassé. Il y a alors au loin, dans la forêt, un accident brutal dont une fumée noire s’élève dans les cieux. En quelques secondes, c’est dire la gravité absolue du choc de l’accident.


Tout qui est bien qui finit bien alors, vu que Kojo sauve Toni en l’emmenant à l’hôpital, et puis c’est très lourd et j’étais juste impatient que ça se termine. Alors je laisse imaginer la scène où nos deux protagonistes conditionnés au mode de vie complètement différent se rendent compte de leur humanité commune et qu’alors bla-bla-bla. J’ai pas envie d’énoncer la morale bien pensante. Ah oui et pour boucler la boucle, on se retape les mêmes plans qu’au début, sauf que maintenant on sait ce que ça représente. Fin. Enfin !


Bref, très peu pour moi.


Le film s’est enfermé dès le début dans cette opposition pour un final catastrophique. L’histoire est vite faite, elle aurait pu être plus approfondie et rendue plus intéressante si l’on s’intéressait vraiment aux rouages plus systématiques des arnaques. Il aurait fallu aussi épurer le récit de tous ces artifices de mise en scène ou de compléments d’histoires très peu intéressants et importants. L’histoire tel quel est est surréaliste irréaliste même et ne semble très peu connecter à une quelconque réalité sociale ce serait ça un bon point à développer aussi qui malheureusement ici n’est qu’un détail. 


On dit qu’il ne faut pas mettre d’affect au boulot et aussi dans l’écriture d’une critique. J’ai fais de mon mieux. Il y a quand même  peut-être surement un peu de mauvaise foi.


Ça fait du bien aussi de se lâcher sur des mauvais films. Je comprends les profs qui défonce les mauvais élèves, si je le fais c’est pour son bien.


JustinienI
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il y a 2 jours

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JustinienI

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